Jouxtant l’hyper-centre de Genève, le périmètre réunissant la Praille, les Acacias et les Vernets est un quartier naturel de la ville. Fort de ce constat, il apparaît nécessaire de repenser l’urbanisation de cette zone actuellement dévolue principalement au secteur secondaire pour réaliser un nouveau quartier de Genève. Dans cette optique, le Conseil d’Etat a développé une image directrice de ce périmètre (masterplan). Le Grand Conseil, pour sa part, a voté la loi modifiant les limites de zones afin de permettre une mixité entre les bâtiments dévolus au logement, ceux destinés aux activités économiques et les espaces publics indispensables à la qualité de vie de la population. Suite à un référendum, un protocole d’accord a été signé entre le Conseil d’Etat et les opposants définissant les règles urbanistiques et les règles de répartition des affectations (un nouveau logement pour un nouvel emploi).
Après le vote par le Grand Conseil de la loi modifiant les limites de zone lors de la session du mois de juin 2011 (130 hectares), des projets concrets ont pu être lancé en parallèle des études thématiques en cours sur le périmètre depuis quelques années. En particulier, un premier concours d’architecture à la rue de la Marbrerie, sur une surface d’environ 4'000 m2, a vu 68 architectes s’inscrire et 49 projets être rendus, preuve de l’intérêt suscité par le PAV auprès des architectes et urbanistes. Le lauréat a été désigné en avril 2012. D’autres concours importants sont en préparation, notamment sur le périmètre de l’Etoile et sur le site de la Caserne des Vernets. Enfin, la création d’un grand parc urbain a été négociée entre les entités publiques.
La Chambre reste dubitative quant aux principes définis dans le protocole d’accord, qu’il s’agisse du ratio logement/activités – qui ne devrait rester qu’une tendance et non un objectif – ou des catégories de logements – qui ne tiennent pas compte des impératifs de financement.
Au stade actuel de développement du projet, la principale inconnue et entrave est financière. Il convient en effet de définir de quelle manière seront dédommagées les entreprises qui seront délocalisées, qu’elles soient locataires, superficiaires ou propriétaires. De même, la constitution d’un fonds de péréquation apparaît de plus en incontournable pour gérer la question des espaces et équipements publics nécessaires à la qualité de vie sur le site.
D’une manière générale, il est indispensable de garder à l’esprit que l’horizon temps de cette mutation est de 30 à 50 ans et qu’un maximum de souplesse doit être conservé pour accompagner harmonieusement le changement. Si une image directrice est précieuse, elle ne doit pas entraver l’innovation qui doit voir le jour sur le site.
Décembre 2012
Après la signature de la Charte d’engagement fin 2007, le Projet d’agglomération a commencé sa mise en œuvre par le biais d’études localisées nommées PACA – ou périmètre d’aménagement coordonné d’agglomération. Le projet vise à préparer le bassin genevois à accueillir 200 000 nouveaux habitants à l’horizon 2030 en créant une agglomération compacte, multipolaire et verte. Il propose par conséquent un développement s’appuyant essentiellement sur les axes de transports publics et identifiant de nouveaux centres régionaux en périphérie de la métropole genevoise. Le projet d’agglomération franco-valdo-genevois – connu à présent sous sa nouvelle appellation de « Grand Genève » – a été retenu par la Confédération et est subventionné à hauteur de 40% pour de nombreuses infrastructures.
Le projet est entré dans une phase de consolidation. De nombreuses études tirées du projet d’agglomération ont été le terreau du Plan directeur cantonal 2030 et des « Grands projets » actuellement en phase de présentation/consultation auprès de la population. Par ailleurs, une assise institutionnelle est en train de se mettre en place avec un GLCT (Groupement local de coopération transfrontalière) et la création d’un Forum d’agglomération.
Le projet d’agglomération franco-valdo-genevois n° 2 a été signé par les partenaires fin juin 2012 et déposé dans la foulée auprès de la Confédération avec pour objectif d’obtenir de nouveaux financements pour les infrastructures du Grand Genève.
La Chambre partage les grandes lignes du projet d’agglomération et est un acteur actif et proposant lors des réunions organisées, qu’il s’agisse de présentations du projet d’agglomération ou par le biais de la CAT. Les principaux éléments sur lesquels la CCIG intervient ont trait à la mobilité (individuelle et professionnelle), la densification des zones (industrielles et habitat), l’efficience des transports publics (vitesse commerciale incitative), la construction de logements, les infrastructures et, bien évidemment, la prise en compte des besoins des entreprises, qu’il s’agisse des conditions cadre d’exercice de leur activité ou des terrains à leur disposition.
La Constitution fédérale précise que l’aménagement du territoire sert une utilisation judicieuse et mesurée du sol et une occupation rationnelle du territoire. La loi sur l’aménagement du territoire (LAT) concrétise cette volonté et confie aux cantons la responsabilité d’établir un plan directeur à cet effet. Le plan directeur cantonal engage les autorités. Il est de force obligatoire pour ces dernières. Son objectif est de coordonner les activités qui ont des effets sur l’organisation du territoire. Sa durée de vie est en principe de dix ans, délai au terme duquel il doit être complètement révisé.
Le principe d’une révision du plan directeur 2015 (datant de 2001) a été adopté en 2009. Une commission consultative a été constituée, regroupant des représentants des communes, des milieux politiques et de la société civile. La Chambre est représentée par un de ses membres de Direction. L’objectif est de définir le plan directeur jusqu’à l’horizon 2030 en s’appuyant sur le précédent plan et sur les options du projet d’agglomération franco-valdo-genevois (Grand Genève). En mai 2011, un projet de plan directeur cantonal a été élaboré et soumis à enquête publique. La CCIG a pris position sur le document proposé (lien). En raison de nombreuses oppositions, notamment au sein des communes, le projet initial a été remodelé. La nouvelle mouture sera déposée devant le Parlement en février 2013.
La Chambre soutient cette révision qui doit s’inscrire dans la dynamique d’aménagement de la région genevoise née du projet d’agglomération. Il s’agit d’une opportunité de mettre un terme à l’immobilisme en fixant des objectifs ambitieux. Tel est le cas notamment en matière de transports (publics et privés, traversée du lac, offre de parkings), de logements (favoriser une utilisation efficiente du sol par une densification adéquate, mutation de quartiers peu dense proches du centre-ville) et de zones d’activités économiques (déficit prévisionnel important suite à la mutation du PAV dans les 30 prochaines années). Un travail en réseau avec les partenaires naturels de la CCIG a été mis sur pied pour défendre d’une même voix les intérêts d’un canton ouvert et prospère.
A cheval sur les communes de Thônex et Puplinge, le site Mon Idée - Communaux d'Ambilly est l'un des périmètres d'aménagement coordonné (PAC) identifiés par le plan directeur cantonal. Son traitement politique date de 2003, date à laquelle le Grand Conseil a avalisé un rapport concernant cette zone. En 2008, le Parlement a voté un projet de loi déclassant le périmètre en zone de développement 3, zone qui permet l’érection de grandes maisons affectées à l’habitation, au commerce et aux activités du secteur tertiaire. Les préavis communaux ont été favorables, sous certaines conditions liées notamment à la mobilité, la densité de l’habitat et le développement temporel du projet.
Un litige opposant la Commune d’Ambilly, propriétaire d’une partie des terrains, aux promoteurs du projet a bloqué le démarrage des travaux sur le périmètre durant de nombreuses années. Un accord a été trouvé au début de 2011 et la levée des dernières oppositions communales devrait permettre au projet de démarrer, près de 10 ans après avoir été initié.
La Chambre suit avec attention tous les périmètres qui pourraient contribuer au développement de Genève. MICA en fait partie et la réalisation de ce projet peut se faire dans un horizon proche compte tenu de l’absence de bâti sur cette zone. Une attention doit néanmoins être portée à la nature des activités économiques prévues et, surtout, à la desserte de ce nouveau quartier. A l’heure actuelle, il semblerait que ni la route de Jussy, ni la route de Vésenaz ne permettraient d’absorber le flux de trafic automobile privé ou de créer des voies de transports publics suffisamment efficaces.
Il convient toutefois de regretter 1) la lenteur de la réalisation de ce projet et 2) le « gaspillage » des terrains prévus pour cette urbanisation en raison de trop grandes concessions accordées aux opposants à ce projet en termes de densité. La question se pose de savoir si le projet tel qu’il est à présent envisagé répond encore aux exigences définies dans le cadre du « Grand Genève » et qui parle d’objectifs de construction de logement et de principes de densité qui ne peuvent faire l’économie d’un projet beaucoup plus ambitieux à MICA.
Juin 2012
La taxe professionnelle communale est, contrairement à ce que son nom indique, un impôt. Il est perçu sur la base de trois piliers, le nombre d’employés, les surfaces de locaux et le chiffre d’affaires. Depuis de nombreuses années, les entreprises contribuables se plaignent de cet impôt insolite (Genève est le seul canton à le connaître) et anachronique (il date de l’époque napoléonienne !) qui alourdit sans raison objective leurs charges. Un projet de loi a été déposé en 2001 devant le Grand Conseil visant à aménager la taxe professionnelle en supprimant l’imposition découlant du nombre d’employés. Il apparaît en effet contre-productif en terme de promotion de l’emploi de taxer plus sévèrement ceux qui fournissent du travail…
Après un premier rapport de la Commission fiscale en 2005, le dossier a à nouveau été traité par cette Commission en 2010. Un amendement a été accepté, visant à supprimer à terme la Taxe professionnelle communale (suppression dégressive, sur plusieurs années). Ladite Commission a accepté le texte modifié en 2e débat. Le 3e débat, préalable à la rédaction du rapport de la Commission à l’intention du Grand Conseil, est pendant, notamment dans l’attente des développements fédéraux liés à l’imposition des entreprises.
La Chambre est favorable à la suppression de cet impôt qui permettrait aux entreprises et aux indépendants d’être moins taxés (environ 250 millions d’impôts par an) et de consacrer leurs ressources au développement de leur entreprise.
La CCIG a été auditionnée par la Commission fiscale dans le cadre de l’examen de ce projet de loi.
Genève subit une pénurie importante de surfaces dévolues aux activités économiques et, plus particulièrement, à l’industrie. Par ailleurs, l’un des projets les plus importants pour Genève dans la première moitié du 21e siècle réside dans la mutation du périmètre Praille-Acacias-Vernets (PAV), qui devra passer d’un statut éminemment industriel à une mixité importante d’activités tertiaires, de logements et d’équipements publics. Ce programme urbanistique commande une délocalisation de nombreuses entreprises présentes sur le site. Fort de ces constats, un projet d’utilisation optimale d’une zone impropre à la construction de logements mais adaptée à l’industrie a été mis en avant par un architecte indépendant. Le périmètre de Colovrex, dans le prolongement de la piste de l’aéroport en direction de Nyon, permettrait, en termes de surfaces, d’accueillir bon nombre des industries amenées à quitter le nouveau quartier PAV.
Une motion a été déposée par un groupe de députés pour que cette option soit envisagée concrètement et que des études soient lancées. Après avoir débattu du rapport de sa Commission d’aménagement, le Grand Conseil a renvoyé cette motion au Conseil d’Etat qui a rendu un rapport en avril 2012. Relevant l’intérêt du périmètre, mais également les diverses contraintes, notamment environnementales, à prendre en compte, le Conseil d’Etat qualifie cette zone de réserve foncière (périmètre à étudier pour une urbanisation à long terme) et l’inclut à ce titre dans le Plan directeur cantonal 2030.
La Chambre a été partie prenante à la réflexion qui a conduit à mettre en avant ce projet aux niveaux politiques et médiatiques et son directeur fait partie des auteurs de la motion. Une prise en compte de cette opportunité semble rester un enjeu majeur de la prochaine décennie afin de créer un « appel d’air » pour permettre la délocalisation de certaines entreprises du secteur PAV. Le Conseil d’Etat ne fournit, à ce propos, pas de réelle solution alternative pouvant rapidement être mises en œuvre. Il apparaît à la CCIG que cette option doit rester d’actualité et s’envisager en parallèle des infrastructures routière et ferroviaire du périmètre.
Le Conseil municipal de Genève a accepté en janvier 2010 l’initiative de l’Alternative réclamant la fermeture d’un quart des rues de la ville pour les transformer en rues piétonnes. Ce texte réclame la réalisation de travaux fermant 200 rues ou tronçons de rues au trafic motorisé prioritairement autour des écoles, des crèches, des EMS, des maisons de quartier et des établissements hospitaliers et médicaux, ceci sans pénaliser la desserte en transports en commun.
Cette initiative se superpose aux autres projets de piétonnisation prévus dans le Plan directeur des chemins pour piétons. A terme, ce sera donc une grande partie des rues de la ville que le Conseil administratif entend fermer à toute circulation. Mais Genève est la dernière grande ville de Suisse qui ne s’est pas dotée d’une politique globale de mobilité en ville, consistant à assurer l’accessibilité des zones piétonnes (et donc leur vitalité) en construisant des parkings en sous-sol à proximité et en compensation des places de parc supprimées en surface. Ce manque de vision en matière d’aménagement pénalise autant les habitants que les commerçants en débouchant sur des problèmes de circulation, une pénurie de places de stationnement et le départ des commerces du centre-ville vers la périphérie.
Le 30 janvier 2012, le Conseil municipal a accepté d’ouvrir un crédit de plus de cinq millions de francs destiné à la piétonnisation d’un premier lot de 50 rues, à l'essai, durant une année. Sous le pilotage du Groupement Transports et Economie (GTE), dont la CCIG fait partie, le référendum a été lancé le 7 février contre ce crédit de réalisation. Le référendum ayant abouti, une votation municipale a eu lieu le 23 septembre 2012 et la première étape de la mise en œuvre de l’initiative dite « des 200 rues piétonnes » a été rejetée par 56,4% des électeurs de la Ville de Genève.
De point de vue de la CCIG, le refus d’une expérience devisée à plus de 5 millions s’explique notamment par le fait que les habitants n’ont pas cru que ces fermetures de rues amélioreraient leur qualité de vie. Surtout compte tenu du fait que les problèmes de stationnement et des reports de circulation n’avaient absolument pas été réglés. Les Genevois ne sont pas naïfs au point de croire que leurs quartiers peuvent se transformer d’un coup de baguette magique en micro-villages où les enfants s’ébroueraient dans la rue, sous l’œil bienveillant des aînés confortablement installés sur un banc. Le non du 23 septembre met-il pour autant un terme à toute tentative de créer une zone piétonne à Genève ? Pas forcément. Il faudra cependant être assez intelligent pour ne pas répéter le psychodrame du parking de la Place Neuve en 1998. Pour qu’une zone piétonne soit réussie, elle doit être desservie par un parking facilitant l’accès tant des promeneurs que des clients des commerces.
Le Conseil administratif devrait prendre son bâton de pèlerin pour relancer son projet de piétonnisation dans le quartier de Rive, autour du projet d’agrandissement du parking existant qui avait en son temps été présenté par un Conseil administratif unanime ! Il faut saisir l’occasion, car « c’est justement à l’occasion d’un grand projet que l’on peut créer une zone piétonne », comme le déclarait encore récemment le directeur de l’Observatoire universitaire de la mobilité, M. Giuseppe Pini.
La Ville de Genève est le cœur du canton. Elle attire nombre d’emplois et de visiteurs. Sa population - dont près de 60% possède au moins une automobile - continue à croître année après année (+4,5% entre 2007 et 2011). En 18 ans, l’offre de stationnement public au centre-ville a diminué de plus de 3'200 places pour les automobiles alors qu’elle a augmenté de 156% pour les deux-roues, selon les chiffres du Plan directeur du stationnement. Quant à l’offre dans les parkings privés, avec 55'000 places en ville (chiffres de 2007), elle est inférieure à celle de Bâle (55'900) et de Zurich (76'500). Agrandir un parking existant, en y réservant des places pour les habitants, ne devrait pas attirer de nouvelles voitures en ville, mais pourrait au contraire contribuer à cacher en sous-sol des voitures désormais indésirables sur la voie publique. Les perdants du 23 septembre tireront, souhaitons-le, les enseignements de leur échec, car, de leur côté, les milieux économiques sont prêts à apporter leur contribution à la création d’un centre-ville piéton.
Janvier 2013
Désireuse d’apporter sa pierre à la réflexion sur le développement urbanistique de Genève, la CCIG a soutenu une étude académique réalisée par le laboratoire de production d’architecture de l’EPFL visant à définir une nouvelle constitution urbaine pour Genève. Ce projet a donné lieu à une exposition publique de 6 jours en avril 2010, sous la forme d’une projection de ses résultats sur une maquette de Genève. Une brochure reprenant les conclusions de cette constitution urbaine a été éditée et est vendue à la CCIG.
Situation actuelle
Les enseignements majeurs de cette étude ont été pris en compte dans le cadre des travaux de la Commission consultative pour l’aménagement du territoire (révision du plan directeur cantonal) et du projet d’agglomération franco-valdo-genevois. Une nouvelle exposition de trois semaines, en collaboration avec l’Université de Genève, s’est déroulée entre septembre et octobre 2012. Fondée sur le même concept, agrémentée d’une bande-son explicative, elle a servi de support au développement de trois thématiques connexes ayant été approfondies par l’Université : l’environnement, la Genève internationale et la mobilité.
Position de la CCIG
La CCIG soutient avec conviction certaines options de cette constitution urbaine. Il s’agit en particulier des trois points suivants :
1. Assurer une forte densification du cœur de l’agglomération, notamment les zones comprises dans un périmètre de moins de 4 km du centre-ville. 2. Penser le renouvellement urbain du périmètre compris entre Cointrin et Cornavin, idéalement situé et très bien desservi par les transports publics. Le développement du secteur Praille-Acacias-Vernets procède de la même réflexion. 3. Mettre en œuvre un système de transports publics circulaires plutôt que radiaux pour irriguer le territoire et éviter l’engorgement du centre-ville et le développer en assurant le bouclement du périphérique autoroutier (traversée du lac).
GVACUBE est la synthèse de principes d’aménagement incontournable pour maintenir le dynamisme de Genève dans les années à venir. Leur prise en compte par les autorités dans le cadre des grands projets d’aménagement en cours d’élaboration est un succès appréciable pour la CCIG.
GVACUBE, l'étude
GVACUBE, le film :
Dans 20 ans, 115’000 véhicules par jour devraient passer par l’autoroute de contournement alors que la saturation est atteinte à 80’000. Afin d’éviter l’asphyxie, le Conseil d’Etat projette, à la suite d’une étude de faisabilité émanant d’un crédit de 3.5 millions voté par le Grand Conseil, un nouveau franchissement routier du lac. Mais ce nouveau tronçon autoroutier doit être accepté par la Confédération et les Chambres fédérales. L’Office fédéral des routes (OFROU) étudie plusieurs variantes pour résorber le goulet d’étranglement que constitue l’actuel autoroute de contournement.
Le Grand Genève comptera un million d’habitants à l’horizon 2020. Le trafic sur la ceinture autoroutière de Genève explosera dans les 10 à 15 prochaines années, avec une progression attendue de près de 65%. Aujourd’hui déjà, l’autoroute de contournement est saturée tous les jours ; la suppression de ce goulet est d’ailleurs reconnue comme indispensable par Berne. Ce goulet bloque tout le trafic en provenance du canton de Vaud et de la Suisse sur le grand axe Est-Ouest. En outre, ce secteur autoroutier a une vocation internationale. En effet, une bonne partie du trafic routier reliant l'Allemagne au sud de la France et l'Espagne passe par cette autoroute de l’ouest de la Suisse. La dimension internationale de ce tronçon est en plus renforcée par la présence de l’autoroute qui, par le Tunnel du Mont-Blanc, mène sur l’Italie et celle qui va en direction de Lyon et Paris. Le problème des transports dans l'Arc lémanique pénalisera à terme le développement économique de toute la partie occidentale de la Suisse..
Le Gouvernement genevois ayant publié en mars 2011 l’étude demandée par son Grand Conseil, la Confédération aurait très bien pu intégrer cet ouvrage dans le message publié aujourd’hui. Surtout qu’une initiative cantonale en discussion aux Chambres fédérales demande la même chose, soulignant la volonté genevoise de faire enfin avancer un dossier considéré longtemps comme un « serpent de mer ».
L’Office fédéral des routes (OFROU) a rendu public en juin le résultat des études qu’il conduisait pour rechercher le moyen de résoudre le problème du goulet d’étranglement du contournement autoroutier de Genève, comme le lui impose la législation fédérale. Pour l’OFROU, l’élargissement de l’autoroute actuelle est indispensable. Les études sur le sujet vont donc se poursuivre.
Quant à la Traversée du Lac, option qui a la faveur des autorités cantonales, des milieux économiques et d’une majorité du Grand Conseil, l’OFROU estime qu’à elle seule, elle ne permettra pas d’éliminer les embouteillages sur l’autoroute de contournement. Si elle est réalisée, il faudra procéder aussi à l’élargissement des tronçons Vernier-Bernex et Le Vengeron-Aéroport.
Motif de satisfaction pour la CCIG : l’OFROU déclare que la Traversée du Lac génère une utilité supplémentaire au « simple » élargissement de l’autoroute existante. Sa réalisation permettrait en effet de réduire considérablement les temps de parcours à l’intérieur du Grand Genève et, simultanément, de délester certains tronçons routiers urbains. En d’autres termes, voici la confirmation que la Traversée du lac est un véritable outil de développement territorial, en particulier de la rive gauche, et pas uniquement un projet d’infrastructure routière. C’est pour cette raison que cette option, qui est toujours dans la course, devra être analysée dans un autre cadre, qui réunira les acteurs publics de la route et ceux du développement territorial, en lien avec le projet d’agglomération du Grand Genève. C’est également dans ce cadre que les options de financement devront être étudiées.
Concrètement, il s’agit maintenant d’entamer, voire de poursuivre, les réflexions sur trois axes : économique, logement et financement. On songera au développement des activités économiques sur la zone industrielle de la Pallanterie et à la densification de logements dans la zone des Communaux d’Ambilly. En ce qui concerne le financement, qui – on en a eu la confirmation ce jour – ne pourra pas provenir uniquement du fonds pour l’élimination des goulets d’étranglement mais aussi de ceux disponibles pour la politique d’agglomération, il nous paraît indispensable de continuer à explorer la piste du partenariat public-privé.
Pour la CCIG, la Traversée du Lac demeure un projet qui améliorera la circulation dans notre région et accompagnera le nécessaire développement économique du canton. Il est réjouissant de constater que l’Administration fédérale partage ce point de vue. Le 8 octobre, la commission des transports du Grand Conseil a déposé une résolution destinée l’Assemblée fédérale et demandant que l’élargissement de l’autoroute A1 soit inscrit comme projet prioritaire dans le programme fédéral d’élimination des goulets d’étranglement du réseau des routes nationales. Fait rarissime, cette résolution a été signée par des députés de tous les groupes politiques représentés au Grand Conseil, de gauche et de droite. Cela faisait longtemps que pareille harmonie n'avait pas régné sur un sujet de circulation routière !
La CCIG salue cette union pragmatique et encourage vivement le Grand Conseil à adopter cette résolution. Loin des débats et conflits stériles qui entourent le dossier des transports à Genève, cette résolution est un engagement pour l’avenir du canton, de ses entreprises et de ses habitants.
Novembre 2012
Au mois d’octobre 2012, le Conseil d’Etat a publié et mis en consultation le document Mobilités 2030, supposé exposer la vision gouvernementale quant au futur de la mobilité dans le canton. La CCIG fondait de grands espoirs sur le projet de « stratégie multimodale » et, même si elle salue la volonté affichée d’enterrer la hache de guerre, elle déplore l’esprit anti-circulation qui imprègne le document.
Si l’intention semble louable, le diable se cache malheureusement dans les détails. Car si la stratégie proposée fait du concept de « multimodalité » des déplacements l’Alpha et l’Omega de la politique de mobilité du canton, la traduction de ce concept dans les faits s’éloigne notablement de ce que l’on désigne habituellement par le mot « compromis ». Plus grave, la question de la mobilité est traitée, dans ce document, comme la manifestation d’une crise de croissance. Cette vision est pernicieuse. Genève ne connaît pas une crise de croissance mais doit, bien au contraire, se donner les moyens de répondre aux défis que pose cette croissance. Car, comme l’avait démontré l’étude « Le ‘Grand Genève’ : centre urbain et pôle métropolitain » publiée par la CCIG en 2011, même avec le scénario économique le plus pessimiste, le Grand Genève atteindra le million d’habitants peu après 2020. Rationner les déplacements et limiter de manière drastique la mobilité des Genevois n’est à l’évidence pas une option.
Une baisse de quelque 30% des capacités routières dévolues au trafic motorisé au centre de l’agglomération genevoise est donc prévue. Comme sur de nombreux points, le document reste (volontairement ?) très vague sur le périmètre que recouvre l’appellation « centre ». Parle-t-on d’un périmètre restreint entre Plainpalais et Cornavin ? Ou du « cœur de l’agglomération », à savoir les villes de Genève, Carouge, Vernier, Lancy et Meyrin ? Une lecture attentive du document mène à la conclusion qu’il s’agit vraisemblablement de cette deuxième possibilité. Sont également concernés les principaux points de passage de l’Arve et du Rhône. Des diminutions de capacité sont ainsi prévues sur le Pont Butin par exemple.
La construction de la traversée du lac est présentée comme une mesure compensatoire. Cela ne peut que réjouir la CCIG. Cependant, il y a fort à parier que les restrictions de circulation ne soient en vigueur longtemps avant la réalisation de la traversée du lac… Un report massif des utilisateurs de la route vers les transports en commun fait partie du plan. Mais en même temps, les montants nécessaires à développer le réseau de telle manière qu’il puisse absorber une hausse de la demande d’une telle ampleur ne sont pas chiffrés. Or, les finances genevoises sont déjà en mauvais état et le niveau actuel de la dette exclut un recours massif à l’emprunt pour financer de tels travaux. Le Conseil d’Etat l’admet lui-même en revoyant à la baisse ses objectifs d’investissement dans le cadre de son plan financier quadriennal 2013-2016.
Parmi les quelques éléments positifs à noter figure la place accordée au trafic professionnel. Si le résultat est perfectible, la CCIG note avec satisfaction que des dérogations pourraient être accordées au trafic professionnel sur des axes par ailleurs fermés à la circulation automobile. Ceci étant, les précisions sur les modalités d’application sont au mieux floues, au pire inexistantes. Il est donc à ce jour difficile de savoir si certaines déclarations d’intention louables se transformeront effectivement en actes concrets. La CCIG relève néanmoins avec satisfaction l’engagement du Conseil d’Etat en faveur de l’amélioration des conditions de stationnement et des conditions de circulation pour le transport professionnel.
La mobilité fait partie des conditions cadre qui déterminent l’attractivité économique d’un lieu. A ce titre, la CCIG s’est toujours fait fort de promouvoir, sans arrière-pensées idéologiques, les projets nécessaires au développement économique du canton, que ce soit la traversée autoroutière du lac ou le CEVA.
Elle souhaite donc que de vraies solutions aux défis que rencontre Genève en matière de mobilité soient mises en œuvre. Restreindre la circulation à coup de fermetures de rues n’est pas un moyen de fluidifier la circulation. Par contre, la construction de P+R à proximité de la frontière, bien reliés aux infrastructures de transport en commun – CEVA et trams – en est un.