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Enquêtes conjoncturelles

Enquête conjoncturelle de printemps 2026

 

La conjoncture en bref

Ralentissement conjoncturel et tensions durables sur le marché du travail

L’année 2025 s’impose comme la plus difficile depuis la crise du Covid, en particulier pour les entreprises actives à l’international. Dans ce contexte, la CCIG formule plusieurs mesures de soutien ciblées. La thématique traitée cette année, consacrée à la main-d’œuvre et au recrutement, met en évidence des tensions structurelles sur le marché du travail ainsi que le rôle déterminant de la main-d’œuvre étrangère dans le fonctionnement de l’économie genevoise. 

 

Niveau de satisfaction

Une année charnière
L’édition printemps 2026 de l’enquête conjoncturelle de la CCIG met en évidence un net changement de dynamique. La satisfaction des entreprises recule à 2,75 sur 5, contre 3,2 l’année précédente, soit son plus bas niveau depuis la crise du Covid. 89% des entreprises ont considéré que l'année 2025 a été très difficile, difficile ou stable. Sans basculer dans une crise ouverte, l’économie genevoise entre clairement dans une phase de ralentissement, marquée par une montée de l’attentisme.

Réalisée entre le 2 mars et le 8 avril, l’enquête a recueilli les réponses de 458 entreprises, représentant plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans le canton.

 

ECP 2026 par CCIG

 

Rentabilité, chiffre d'affaires et investissements

Un ralentissement qui se généralise

Le recul est d’abord perceptible dans l’appréciation globale de l’exercice 2025. La part des entreprises jugeant l’année bonne ou très bonne chute de 39% à 11%, tandis que les évaluations neutres progressent fortement. Cette évolution traduit moins une dégradation brutale qu’un glissement vers une posture prudente.
Sur le plan opérationnel, la dynamique s’essouffle. La part des entreprises enregistrant une hausse de leur chiffre d’affaires recule à 40%, alors que les situations de stagnation et de baisse progressent. Cette évolution se répercute sur les marges : seules 30% des entreprises signalent une amélioration de leur rentabilité, contre une majorité confrontée à une stagnation ou à un recul. Après un premier tassement en 2024, la pression sur la rentabilité se confirme.

 

Emploi : la prudence domine

Le marché du travail reste globalement stable, mais les signaux se dégradent. Seules 20% des entreprises envisagent d’augmenter leurs effectifs, tandis que 65% misent sur le statu quo. Surtout, un écart apparaît entre anticipations et réalisations : les réductions d’effectifs se révèlent plus fréquentes que prévu.
Cette inertie confirme la relative résilience de l’emploi, mais traduit également une adaptation défensive des entreprises face à un environnement plus incertain.

 

Commerce international

Export : une vulnérabilité accrue
La principale ligne de fracture se situe entre entreprises domestiques et exportatrices. Ces dernières apparaissent nettement plus exposées : 42% d’entre elles qualifient l’année de difficile ou très difficile, contre 29% pour les entreprises actives principalement sur le marché suisse.

Les entreprises tournées vers l’international enregistrent plus fréquemment des reculs marqués de chiffre d’affaires et de rentabilité, une situation particulièrement visible dans l’industrie. À l’inverse, plusieurs secteurs orientés vers le marché domestique parviennent à mieux absorber le choc et présentent des évolutions plus stables. Dans ce contexte, un mouvement de recentrage s’opère vers des marchés jugés plus sûrs, notamment européens.

 

ECP 2026 par CCIG

 

Une économie en phase d’ajustement
Dans l’ensemble, les résultats traduisent un durcissement progressif des conditions économiques. Les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés et les incertitudes internationales pèsent de manière croissante sur les perspectives. L’économie genevoise ne décroche pas, mais elle s’installe dans une phase d’ajustement, marquée par la prudence et la recherche de stabilité.


L’ensemble des résultats détaillés sont disponibles sur notre site internet.

 

Enquête conjoncturelle d'automne 2025

 

Marché du travail 

Recrutement difficile

Près de la moitié (49%) des entreprises interrogées rencontrent aujourd’hui des difficultés à recruter. Cette difficulté est régulière (24%) ou occasionnel (25%). Cette tension est particulièrement marquée dans les métiers techniques (maintenance, ingénierie, production) et les fonctions spécialisées (finance, informatique) que les entreprises considèrent comme les postes les plus difficiles à repourvoir (51%) suivi des cadres (29%). Les profils commerciaux sont également régulièrement évoqués par les répondants.     
Les principaux freins évoqués sont :

  • Le manque de candidatures qualifiées (59%)
  • Les prétentions salariales élevées (38%)
  • Les contraintes budgétaires (30%)

Pour pallier la pénurie de main d’œuvre local, les entreprises recrutent principalement dans la région francophone élargie (France et Suisse romande). Pour 74% des entreprises, des profils qualifiés indisponibles à Genève peuvent être trouvés en France voisine. La Suisse romande, où les difficultés de recrutement sont similaires, reste néanmoins une solution dans 31% des cas. 

 

ECP 2025_Défi pour pouvoir des postes par CCIG

 

Attentes des candidats

Le salaire demeure au cœur des attentes des candidats, cité à hauteur de 65% parmi les prétentions problématiques relevées par les entreprises. Néanmoins, ces dernières ne se limitent plus à la seule rémunération. Les candidats expriment de plus en plus de demandes liées aux conditions d’organisation du travail. Flexibilité des horaires (26%), possibilités de télétravail (17%) ou encore temps partiel (18%) sont autant de critères importants dans leurs décisions. Pris ensemble, ces éléments organisationnels (61%) talonnent la question salariale (65%).

 

ECP 2025_Attentes des candidats par CCIG

 

Ressources humaines : former et intégrer

Face aux tensions sur le marché du travail, les entreprises multiplient les efforts pour attirer, fidéliser et former leurs collaborateurs. La majorité d’entre elles s’investissent activement dans la formation continue ; 84 % proposent des formations internes ou externes. Elles sont également 37% à former des apprentis.

Autre résultat marquant : parmi les entreprises proposant des stages, une sur trois déclare avoir réduit ou supprimé son offre en raison du salaire minimum. Ce phénomène exacerbe les difficultés d’accès à un premier emploi pour les jeunes diplômés dont le manque d’expérience est un frein à l’embauche selon 61% des entreprises.  

La participation à des programmes d’insertion est relativement répandue : un quart des entreprises y ont eu recours, majoritairement via l’Office cantonal de l’emploi (73%). Ces mesures via l’OCE, l’AI ou l’Hospice général sont accueillies favorablement : 42% des entreprises estiment ces démarches positives, contre seulement 4% qui les trouvent trop contraignantes.

 

ECP 2025_Stage depuis l'introduction du salaire minimum par CCIG

 

Télétravail 

Bien qu’installé dans les pratiques depuis la période post-Covid, le télétravail reste modéré dans son intensité. Pour 50% des répondants, il est pratiqué un jour par semaine ou moins (occasionnellement). 12% des entreprises proposent deux jours par semaine et seules 6% proposent davantage. Près d’un tiers des entreprises n’en proposent pas.

Au cours des deux dernières années, 20% ont adopté une politique plus restrictive en matière de télétravail. Parmi celles-ci, un peu moins de la moitié (44%) pointent l’accord bilatéral Suisse-France comme facteur de ce durcissement. Au-delà de 40% de télétravail pour un équivalent temps plein, l’employeur s’expose à un assujétissement au régime fiscal français. 

 

ECP 2025_Pratique du télétravail en entreprise par CCIG

 

Commerce international

59% des entreprises réalisent plus de 90% de leur chiffre d’affaires en Suisse. L’UE reste le principal marché des exportations genevoises (35%), en légère baisse grâce à une diversification croissante, notamment vers l’Asie et les Émirats arabes unis. Toutefois, pour 39% des entreprises sondés, l’UE représente jusqu’à la moitié de leurs exportations. Pour 12% d’entre elles, la proportion monte à plus de la moitié de leurs exportations.

 

ECP 2025 | ECA 2024_Marchés prioritaire et accords de libre-échange par CCIG

Les Amériques (principalement les États-Unis) renforcent leur position de deuxième marché avec 18% de toutes les exportations genevoises. Ce marché est même indispensable pour les 31% et 10% des entreprises réalisant respectivement jusqu’à la moitié ou plus de la moitié de leur vente à l’étranger sur ce marché.

 

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