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L’émotionnel n’est pas bon gestionnaire

Alexandra Rys
Posté le 06/03/2013
Opinions

A l’exception notoire du vote sur la fusion des caisses de pension publiques, les résultats de dimanche sont en large part le fruit d’une réaction émotionnelle. Sur la baisse des tarifs des TPG, bien sûr. Tous les observateurs s’accordent à dire que le vote est dû pour beaucoup à l’énervement des usagers, déclenché par la modification du réseau introduite fin 2011 et aggravé par des pannes à répétition. Mais la réaction émotionnelle va provoquer, entre autres, une perte de 24 millions pour les transports publics, alors même que tout le monde s’accorde à dire que des TPG fréquents et rapides sont nécessaires pour favoriser le report modal !

La même chose est vraie du vote sur l’initiative Minder. Personne ou presque ne remettait en cause la nécessité de légiférer contre l’enrichissement personnel des managers des sociétés cotées en bourse. Combien de petits patrons paient d’abord les salaires de leurs employé(e)s et ne se versent le leur que pour autant qu’il reste quelque chose… Mais au lieu de choisir le contre-projet – plus efficace et immédiatement applicable mais qui nécessitait d’étudier son contenu – les citoyennes et citoyens ont opté pour ce qui parlait immédiatement à leur cœur (pour ne pas dire à leurs tripes).

Il ne fait aucun doute que l’une comme l’autre campagne auraient pu être mieux menées et que le choix d’opposer à l’initiative Minder un contre-projet indirect, qui n’appelait pas un vote, a été une erreur tactique majeure du Parlement fédéral. Il n’en reste pas moins que l’irruption de l’émotionnel de la vie politique et économique n’est pas de bon augure. Les enjeux sur lesquels la population est appelée à se prononcer seront toujours plus complexes. Pour une institution telle que la CCIG, cela signifie que l’effort d’information et de dialogue doit être accru. C’est un défi que nous sommes prêts à relever.

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