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Accords de libre échange : les entreprises sont gagnantes

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Philippe Meyer
Posté le 08.07.2013
Dossiers CCIGinfo

La Suisse dispose actuellement, outre la Convention AELE et l'accord de libre-échange avec l'UE, d'un réseau de 28 accords de libre-échange avec 38 partenaires.

 

Normalement conclus dans le cadre de l'AELE, les accords de libre-échange peuvent également être signés entre la Suisse et un autre pays, comme cela a été le cas par exemple pour le Japon et la Chine.

 

Les accords de libre-échange sont des traités internationaux conclus entre deux parties (pays ou groupes de pays), à la suite d’âpres négociations, qui sont destinés à garantir la libre circulation des biens et/ou services. Ils ont pour objectif de faciliter l’accès des entreprises suisses aux marchés internationaux, en supprimant notamment les droits de douane et les entraves non tarifaires au commerce. En plus de la circulation des marchandises, ces accords contiennent également des dispositions sur la propriété intellectuelle, le commerce de services, les investissements, les marchés publics ainsi que les normes techniques.

 

Bénéfiques pour les consommateurs et les entreprises

 

Les échanges de biens ont considérablement augmenté grâce aux accords de libre-échange. En effet, une grande partie des échanges commerciaux de la Suisse se fait dans le cadre de ces derniers : 83% des importations et 71% des exportations. Ces accords ont également permis de réaliser des économies substantielles sur les droits de douanes.

 

D’une part, les accords de libre-échange permettent aux consommateurs d’avoir à disposition un plus grand choix de produits et de les acquérir à un meilleur prix, d’autre part, ils permettent aux producteurs suisses de bénéficier, eux aussi, de tarifs préférentiels sur les matières premières et les produits semi-finis.

 

[caption id="attachment_1728" align="aligncenter" width="300"]A ce jour 28 accords de libre-échange sont en vigueur, et 9 accords de libre-échange en cours de négociation. A ce jour 28 accords de libre-échange sont en vigueur, et 9 accords de libre-échange en cours de négociation.[/caption]

 


 

Entretien avec Didier Chambovey, ambassadeur, Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR), Secrétariat d'Etat à l'économie SECO, Commerce mondial

 

Concrètement pour les PME suisses, quels sont les avantages des accords de libre-échange signés par la Suisse ces dernières années ?

 

Les accords de libre-échange (ALE) facilitent l'accès des PME à de nouveaux marchés internationaux par la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires, les plaçant ainsi sur un pied d'égalité avec leurs principaux concurrents. En outre, à la différence des grandes entreprises qui peuvent se permettre de recourir aux services de conseillers juridiques pour faire valoir leurs intérêts commerciaux à travers le monde, les PME ont, elles, besoin de protection juridique, et c'est entre autres ce que procurent aussi les ALE, en plus de l'accès au marché. Dans le contexte actuel marqué par un franc fort et la faiblesse de la demande de l'UE, les ALE contribuent également au soutien de la politique de stabilisation menée par le Conseil fédéral en faveur des PME.

 

Est-ce que les PME suisses utilisent véritablement tous les avantages liés à ces accords ? Le cas échéant, quels seraient vos conseils ?

 

Quelle que soit leur taille, toutes les entreprises suisses peuvent profiter de ces accords qui couvrent 71% de nos exportations. Cependant, pour bénéficier des préférences tarifaires, elles doivent se procurer les certificats d'origine nécessaires. Nous avons constaté que le potentiel disponible n'était pas complètement utilisé et qu'un effort d'information supplémentaire était requis. En cela, nous comptons aussi sur le concours de la CCIG.

 

Quels sont les prochains pays avec lesquels la Suisse conclura des accords de libre-échange ?

 

La Suisse vient de signer des ALE, dans le cadre de l'AELE, avec la Bosnie-Herzégovine, le Panama et le Costa Rica et s'apprête à en signer un, sur une base bilatérale, avec la Chine. Elle mène en outre des négociations avec l'Inde, l'Indonésie, l'union douanière Russie-Belarus-Kazakhstan, la Malaisie, le Vietnam et des Etats d'Amérique centrale.

 

L’Union Européenne et les USA sont en négociation en vue de signer ensemble des accords de libre-échange. Qu’en est-il de la Suisse ? N’y a-t-il pas danger à rester à la traîne ?

 

La Suisse suit attentivement les développements du projet d'ALE entre l'UE et les USA. Les négociations devraient probablement s'ouvrir cet été et s'achever dans deux ans. Il est trop tôt pour se prononcer sur les effets d'un tel accord sur la Suisse. En fonction de sa teneur, la Suisse décidera des mesures à prendre en vue de maintenir la compétitivité de son économie.

 


L'ALE avec la Chine dans la pratique

 

Nous avons demandé à quelques-uns de nos membres l’impact du récent accord de libre-échange avec la Chine sur leur activité.

 

François Gabella, Chief Executive Officer, LEM International :

 

Cet accord est très intéressant à deux titres : d’abord les échanges de produits finis et composants verront leurs droits de douane réduits, ce qui nous procurera un avantage compétitif certain par rapport à nos concurrents européens et japonais, surtout sur le marché chinois, notre premier marché en 2012. D’autre part, cet accord traduit une excellente entente entre les autorités des deux pays; je pense que ce goodwill peut nous aider tant sur le plan de la réputation qu’au niveau de la défense de la propriété intellectuelle.

 

Auriez-vous d’autres exemples de signature d’accord entre la Suisse et un ou des autres pays, qui ont apporté des avantages concrets au développement de votre société ?

 

Un tel accord existe avec le Japon, autre marché-clé de LEM sur lequel nous bénéficions également d’accords au niveau fiscal. A ce titre, l’accord avec la Chine est intéressant, car il constitue une plateforme de coopération étroite qui pourrait s’élargir à l’avenir. A l’heure où nombre de pays adoptent des réflexes protectionnistes, la Suisse démontre grâce à son succès économique que l’ouverture aux marchésétrangers est le meilleur outil de stimulation de sa compétitivité.

 

Yann Bouillonnec, Commercial Director, Vacheron Constantin :

 

Aujourd’hui, même si tous les détails de l’accord de libre échange ne sont pas connus, la baisse progressive des taxes permettra à Vacheron Constantin de garder une base de prix raisonnable en Chine et, de ce fait, de continuer à investir dans le pays ; ceci dans la distribution, via ses boutiques, mais également en communication afin de continuer à mettre en avant l’horlogerie suisse en Chine. D’autre part, l’augmentation des échanges a déjà permis l’ouverture de nouvelles lignes aériennes directes facilitant les visites de touristes chinois, première clientèle de la haute horlogerie en Suisse.

 

Stéphane Fallot, Firmenich :


Comme les accords n’ont pas encore été ratifiés, il est difficile d’en connaître les termes et le contenu exact ainsi que les effets pour notre industrie. Toutefois, dans la mesure où près de 84% des exportations suisses vers la Chine seront exemptées de droits de douane, nous avons de bons espoirs que les taux qui s’appliquent actuellement à nos produits soient réduits, voire supprimés. Il est à noter toutefois que nous produisons localement et que, dès lors, une partie importante de la valeur ajoutée des produits vendus en Chine est réalisée sur le territoire chinois. De ce fait, Firmenich est moins impacté par la réduction/suppression des droits de douanes que ne pourraient l’être d’autres industries exportatrices suisses, dont une part prépondérante de la valeur ajoutée est réalisée en Suisse.

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