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Stratégie énergétique fédérale : quo vadis ?

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Nathalie Hardyn
Posté le 08.07.2013
Opinions

La future politique énergétique préoccupe les entreprises, pourtant désireuses de participer à l’effort national qu’exigera la «sortie du nucléaire». Cette conclusion ressort d’un des ateliers organisés par la CCIG, l’OPI et l’Union industrielle genevoise, lors de la 6e édition d’Actes’Industries. Les entrepreneurs ont planché sur trois questions : Est-il encore possible de réduire la consommation d’énergie, comment et à quel prix?  La nouvelle politique risque-t-elle de compromettre certains secteurs économiques et d’en dynamiser d’autres? Quels sont les enjeux du projet de réforme fiscale écologique ?

 

Si les 350 grands consommateurs genevois (44% de la consommation électrique) sont déjà très engagés dans la maîtrise de leur consommation, reste la multitude de PME qui ont besoin d’information et de soutien. Tous, cependant, se heurtent à la nécessité d’inscrire les investissements dans une planification financière tenant compte du cycle de vie des équipements. C’est là que le temps de retour est capital : s’il est inférieur à 2 ans, la décision est vite prise; s’il dépasse 5 ans, l’entreprise renoncera vraisemblablement.

 

Qui seront les gagnants et les perdants de la nouvelle politique énergétique ? Une action en solo de la Suisse – ou même de l’Europe – serait vouée à l’échec, compte tenu de la concurrence mondiale. Quant aux gagnants, ce seront notamment les entreprises de conseil énergétique, les fournisseurs du bâtiment et les producteurs d’énergie renouvelable, voire les gaziers.

 

S’agissant de la réforme fiscale écologique annoncée pour 2020, qui servira à financer le tournant énergétique, les entreprises s’inquiètent. Même si l’énergie ne représente pas toujours une lourde charge, la pression concurrentielle est telle qu’une augmentation même faible des prix rognerait les marges et diminuerait la compétitivité.

 

Est-ce qu’une hausse du prix de l’énergie inciterait à améliorer les performances énergétiques des produits et installations ? Oui, sans doute. Les entreprises suisses sont d’ailleurs bien placées dans ce domaine, car notre économie est l’une de celles qui présentent la meilleure efficacité énergétique. L’amélioration des performances doit cependant avoir un sens économique pour les clients, or ceux-ci se trouvent essentiellement à l’étranger.

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