FR
EN

La tête et le cœur

ShareThis
Jacques Jeannerat
Posté le 16.04.2014
Opinions

L’initiative sur les salaires minimums fait partie de ces objets de votation qui parlent d’abord au cœur des citoyens. Lorsque l’on jouit d’une vie agréable dans un centre urbain tel que Genève, il est facile de se donner l’impression d’être généreux en acceptant ce type de proposition.

 

Mais ce n’est qu’une apparence de générosité. L’initiative ne tient pas compte des réalités économiques qui varient selon les branches et selon les cantons. Les conventions collectives de travail (CCT) ou les contrats-types qui couvrent déjà de nombreux domaines reflètent bien mieux les réalités du terrain.Par ailleurs, le niveau du salaire minimum imposé serait le plus élevé au monde et poserait de sérieux problèmes à certaines entreprises, notamment les PME et certains secteurs tournés vers l’exportation.

 

L’expérience française du SMIC a enseigné que l’introduction d’un salaire minimum conduit à un nivellement des rémunérations vers le bas, le salaire minimum devenant celui de référence. Outre l’effet « d’attraction » des salaires légèrement supérieurs vers le standard fixé, le salaire minimum crée un seuil à l’embauche que nombre de travailleurs ne peuvent que difficilement ou pas du tout franchir. En d’autres termes, il aggrave le risque que les populations les plus fragiles se retrouvent exclues du monde du travail. Un petit film résume parfaitement la situation.

 

Mais, surtout, vue de Genève, l’acceptation de cette initiative relèverait de l’autogoal. En effet, Genève est une économie ouverte si bien qu’une proportion non négligeable de toute augmentation du niveau de vie se traduit par des dépenses supplémentaires … en France voisine... En réalité, pour améliorer le niveau de vie des classes moins favorisées, il faut commencer par augmenter la production de logements et, donc, par mettre sur le marché des logements à des prix abordables.  Mais on sait combien l’amour de la nature et de la verdure empêche trop souvent de voir ce qui est pourtant une évidence…

0 commentaire