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TPG : le réseau zurichois au prix de celui de Katmandou ?

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Philippe Meyer
Posté le 14.07.2014
Opinions

En acceptant l’initiative sur les TPG, les Genevois ont, d’une part, bloqué toute possibilité d’adaptation des tarifs au marché, puisqu’ils seront désormais fixés par le Grand Conseil et, d’autre part, choisi de renoncer à des recettes de 14 millions de francs par année, résultant de la baisse des tarifs. Ce manque à gagner devra être compensé soit par une augmentation des impôts, soit par une baisse des prestations de la régie publique. La hausse d’impôts étant exclue, où donc trouver des économies ?

 

La réduction des prestations, annoncée par les opposants à l’initiative – au rang desquels figurait la CCIG –, n’était pas un épouvantail. Les TPG ont confirmé, il y a peu, que quelque 150 postes de travail étaient menacés, que les fréquences allaient être réduites, voire que des lignes allaient être supprimées.

 

Les TPG seront donc les seuls transports publics de Suisse à réduire leur offre ces prochaines années. Les Genevois admirent le réseau zurichois, à juste titre. La CCIG est convaincue qu’un réseau de transport public performant fait partie des conditions cadre indispensables à l’attractivité économique d’une ville. Mais si les Genevois souhaitent un réseau à l’image de celui de Zurich, le vote du 18 mai dernier nous rapproche davantage de celui de Katmandou.

 

Le Grand Conseil, en fixant les tarifs des TPG, devra surmonter les populismes ambiants s’il veut offrir des améliorations au réseau dans le futur, qui n’iront de pair qu’avec des augmentations de tarifs. Car tout a un coût. Se déplacer également. CFF, transports publics zurichois ou lausannois, tous augmenteront leurs tarifs en fin d’année pour investir dans une progression de l’offre. Nous voulons croire que l’occasion peut encore être saisie d’optimiser le réseau et de le préparer à la mise en service du CEVA en 2019.

 

Si le Grand Conseil n’a pas la clairvoyance d’accepter un financement adéquat pour les TPG (augmentations tarifaires limitées, mais régulières), les prestations offertes à la population se détérioreront chaque année, inéluctablement.

 

Zurich ou Katmandou ? Les Genevois auront les transports publics qu’ils méritent.

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