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Les talents, matière première de l’économie suisse

Jacques Jeannerat
Posté le 16/09/2014
Opinions

En l’absence de matières premières, la Suisse se nourrit – au propre aussi bien qu’au figuré – des savoir-faire qu’elle a développés au fil du temps et de ceux qu’elle suscite aujourd’hui. La pérennité de ce système repose sur la qualité des cerveaux dont dispose son économie. Comme le montrent divers indices, notamment le Global Talent Competitiveness Index (GTCI) publié pour la première fois fin 2013, la Suisse est première de classe pour ce qui est de créer et d’attirer des talents1.

Cependant, les enquêtes se suivent et se ressemblent qui soulignent combien certains secteurs souffrent d’une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. La plus récente place les ouvriers qualifiés en tête des dix professions les plus recherchées ; viennent ensuite les cadres et dirigeants d’entreprise, suivis des techniciens au troisième rang2.

Ce qu’on appelle communément «la guerre des talents» porte, d’une part, sur la création de cette ressource et, d’autre part, sur la capacité de l’attirer. Les efforts que déploie Genève pour revaloriser la formation professionnelle aux yeux tant des jeunes que des entreprises sont couronnés de succès, comme on le verra dans le dossier ci-contre, notamment parce qu’un véritable tandem a été créé entre les associations professionnelles et l’administration.

Il deviendra par contre beaucoup plus ardu d’attirer des talents suite à la votation de février sur l’immigration de masse. En cumulant ses effets avec le recul de la natalité et le vieillissement de la population, cette décision sonne, à moyen terme, le glas de nombreuses forces vives indispensables aux entreprises. Cette perte ne pourra être comblée qu’en mettant en oeuvre plusieurs moyens complémentaires. Une formation professionnelle toujours plus efficace, c’est-à-dire à l’écoute des besoins des entreprises,fait sans aucun doute partie du premier train de mesures.

1 Cf. édito de l’e-ccig du 4 décembre 2013
2 Bilan.ch, 19 août 2014, «En Suisse, une entreprise sur trois touchée par la pénurie de talents»

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