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« Assurer une économie forte » devient aussi le leitmotiv de l’Etat

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Posté le 27.10.2014
Dossiers CCIGinfo

Le projet de budget 2015 de l’Etat de Genève a récemment été rendu public : un équilibre budgétaire ténu de 1,1 million de francs, des investissements maintenus à un niveau élevé pour rattraper le retard pris dans le développement des infrastructures et un degré d’autofinancement – insuffisant – de 74 %. Le projet du Conseil d’Etat a mis en lumière une évidence oubliée : les entreprises sont les créatrices de valeurs de Genève.

 

Fait réjouissant, l’Exécutif cantonal a fait sienne une réalité souvent éludée : la volonté politique de réduire la dette se matérialise dans le budget présenté. L’objectif de dégager près de 280 millions d’excédent de revenus en 2018, permettant un autofinancement des investissements et une maîtrise de la dette, procède assurément des actions nécessaires à une bonne gestion à long terme des deniers publics.

 

Ce tournant se révèle d’autant plus positif que la couverture des investissements ne se réalise pas simplement en limitant leur volume, comme ce fut le cas par le passé avec les effets reportés que Genève subit encore à l’heure actuelle, mais en se donnant les moyens d’en assurer le financement par les ressources internes. Cette volonté affirmée est essentielle pour les entreprises, offrant une visibilité à moyen terme du potentiel d’investissements de l’Etat et permettant de fixer leur stratégie de développement en conséquence.

 

Trois dangers majeurs pour l’économie genevoise
Le besoin de prévisibilité, pour les acteurs économiques, doit plus que jamais être pris en compte par les autorités politiques. Ainsi que l’a relevé l’Exécutif cantonal dans son exposé des motifs, les principaux risques pesant sur l’équilibre budgétaire ont trait à des facteurs économiques. Outre l’incertitude conjoncturelle, connue mais renforcée actuellement par la faiblesse des marchés de la zone euro, trois dangers majeurs pour le budget cantonal sont identifiés : l’avenir du secteur financier et bancaire, les conséquences du vote du 9 février sur l’immigration de masse et la réforme de l’imposition des entreprises.

 

Le secteur financier et bancaire poursuit sa mutation et son évolution vers des standards internationaux. Son avenir reste incertain même si la qualité des services proposés à la clientèle offre des garanties pour l’avenir. Le « Swiss finish » devra toutefois être évité à l’avenir, tant au plan réglementaire qu’au travers de votations populaires comme celle voulant abolir les « forfaits fiscaux », qui aurait pour conséquence de chasser de Suisse de nombreux clients importants.

 

L’acceptation de l’initiative sur l’immigration de masse crée une grande incertitude sur le marché du travail. Les entreprises, notamment à forte valeur ajoutée, sont indubitablement dépendantes de la main d’œuvre étrangère, l’ensemble des compétences requises ne pouvant se trouver à l’intérieur des frontières helvétiques. C’est donc toute la compétitivité de l’économie suisse qui se trouve fragilisée.

 

La réforme de l’imposition des entreprises, pour sa part, s’apprécie selon trois axes. L’impact direct sur les recettes fiscales, en raison de la baisse du taux d’imposition ordinaire à 13 %, se chiffrera en centaines de millions de francs. La compensation par la Confédération de cette diminution ne sera que partielle. Enfin, le maintien des entreprises qui verront leur imposition augmenter sera un enjeu majeur en termes d’emplois, près de 50 000 postes étant concernés à Genève.

 

Le constat est clair : avec une économie forte, jouissant de conditions cadre favorables, permettant l’innovation et le développement des entreprises, le canton sera à même de remplir son objectif de rétablir des finances publiques saines. Les entreprises sont les créatrices de valeur de Genève. Oublier cette évidence, c’est également remettre en cause le niveau extraordinaire des prestations offertes à la population dont le financement dépend grandement des rentrées fiscales des entreprises et de leurs employés. Le crédo de la CCIG, « assurer une économie forte – promouvoir les entreprises membres », trouve dans ce projet de budget une résonance toute particulière.

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