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Genève, étanche à la vague des "Ice Buckets"?

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ccig@admin
Posté le 06.10.2014
Opinions

La vague de l’Ice Bucket Challenge ou du Défi du Seau d’Eau Glacée s’est abattue, cet été, sur la planète à une vitesse impressionnante. Il est question de se verser un seau d’eau glacée sur la tête en se filmant, puis de partager la vidéo sur les réseaux sociaux en nominant trois autres personnes et ainsi de suite. Ce défi pouvant sembler dérisoire de prime abord se veut une œuvre caritative. De fait, les personnes ne relevant pas le challenge sont supposées verser un don à une organisation combattant une maladie neurodégénérative connue sous le terme anglais ALS (Amyotrophic Lateral Sclerosis). Ceci étant, plusieurs participants acceptent le challenge et effectuent également des dons. En effet les associations ALS en voient les bénéfices: la récolte de dons de l’association américaine a atteint USD 100 millions[1] fin août 2014, 15 fois plus[2] qu’en août 2013.

 

Le défi fait ses débuts aux Etats-Unis où il est popularisé par Pete Frates, un ancien joueur de base-ball atteint par la maladie de Charcot. Mais la vague inonde Facebook lorsque Marc Zuckerberg rejoint la chaîne en postant sa propre vidéo. C’est certainement aussi et surtout grâce à la participation de personnalités, artistes et politiciens, tels que Lady Gaga, Bill Gates ou G. W. Bush, que le défi bénéficie d’un succès aussi vaste en termes de couverture géographique et d’origine sociale de ses adhérents.

 

Est-ce donc pour Frates et tous les autres malades atteints de l’ALS ou pour se mettre en exergue et ressembler à Zuckerberg que les jeunes et les moins jeunes ont participé à cette chaîne? Le Huffington Post[3] estime que le succès du défi est dû au mélange de la volonté d’être à la mode en suivant le buzz du moment, de l’envie de s’exposer sur le web et du désir de soutenir une bonne cause ou de la difficulté à s’y refuser. Sans doute peut-on ajouter à cette liste le besoin de répondre à un défi lancé publiquement ! La pression sociale pèse d’un certain poids dans la balance … Mais pas à Genève.

 

Chez nous, le phénomène viral mondial ne connait pas tant de succès. Les Genevois n’aiment-ils donc pas la douche froide médiatisée, aussi bénéfique pour la circulation sanguine soit-elle ? Certes, quelques internautes et certaines personnalités suisses comme Roger Federer, l'évêque de Genève Mgr. Charles Morerod ou Luc Barthassat[4] se sont prêtés au jeu. Mais la grande majorité du public suisse/genevois voit en ce type d’action du showbiz américanisé, extraverti et « pas très sérieux ». Par ailleurs, le don en Suisse ne passe apparemment pas par le seau d’eau non plus: Suite au défi, les deux associations ALS présentes dans le pays n’ont reçu qu’un seul[5] et unique bulletin de versement !

 

Incontestablement, l’Ice Bucket Challenge a connu un succès global fulgurant et a permis de conscientiser le monde à la maladie de Charcot. Cependant, certaines questions concernant l’utilisation d’eau ou le risque de blessures[6] ainsi que le destin final des dons, surgissent dans des articles – de plus en plus nombreux – critiquant le phénomène.




[1] ALS Association « Individuals, organizations and corporations respond with immense generosity to Ice Bucket Challenge » 29.08.2014.

[2] ALS Association « Ice Bucket Challenge still going strong: $31.5 million in donations to the ALS Association » 20.08.2014.

[3] The Huffington Post « The reasons the ice bucket challenge went viral » 19.08.2014.

[4] La Tribune de Genève « Luc Barthassat relève le Ice Bucket Challenge » 25.08.2014.

[5] Le Matin « Dons en Suisse: la douche froide du Ice Bucket Challenge » 26.08.2014.

[6] La Tribune de Genève « Un pompier meurt à cause d'un Ice Bucket Challenge » 21.09.2014.

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