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Enquête conjoncturelle d'automne: l'élan de 2014 s'épuise

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Posté le 07/11/2014
Communiqués de presse

(Genève, le 7 novembre 2014). La Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) a réalisé en septembre dernier son Enquête conjoncturelle d’automne. Les résultats confirment que pour plus de 80% des entreprises, la marche des affaires est sinon excellente, du moins satisfaisante. L’optimisme tend toutefois à se modérer à partir du second semestre de 2015. Ainsi, l’érosion des hausses réelles de salaires reste lente mais tenace, tandis que l’évolution de la masse salariale fléchit. Celle des effectifs est relativement stable, mais l’après 9 février commence à peser sur le recrutement de personnel étranger.

 

Les affaires poursuivent sur leur lancée…

La moitié des entreprises répondantes – qui totalisent quelque 44 000 emplois – jugent la marche des affaires satisfaisante (50% en 2014, 51% en 2013, 46% en 2012) et 31% la jugent bonne à excellente (contre 29% en 2013 et 2012). Dans l’industrie, la situation est nettement meilleure que l’an dernier (seuls 19% des répondants ont annoncé une marche des affaires mauvaise ou médiocre contre 29% l’an dernier). A la différence de 2013, plus une entreprise exporte, plus elle est satisfaite (89% jugent l’année satisfaisante à excellente pour celles qui exportent de 80 à 100% de leur production, contre 80% pour les non-exportatrices).

 

… mais l’enthousiasme s’essouffle par la suite

Le moins que l’on puisse dire est que les prévisions pour l’année à venir ne sont pas au beau fixe. Si pour les 6 prochains mois, les perspectives ne sont que marginalement moins optimistes que l’an dernier (79% des entreprises imaginent des affaires satisfaisantes à excellentes contre 81% l’an dernier), pour les 6 mois suivants, elles tombent à 69%, alors qu’elles étaient de 73% en 2013. Là encore, ces perspectives sont d’autant meilleures que l’entreprise exporte, bien que cet effet tende à se lisser dans les pronostics dépassant les 6 mois.

 

« Nous ne sommes pas étonnés de la prudence exprimée par les entreprises pour l’année à venir », commente Jacques Jeannerat, directeur de la CCIG. « Outre la conjoncture internationale, certaines décisions politiques prises en Suisse pénalisent l’économie. Cela a été le cas avec le vote du 9 février. Et les débats actuels sur la fiscalité ouvrent une ère d’incertitude pour les entreprises. On accuse souvent les milieux économiques d’être catastrophistes, mais les résultats de cette enquête conjoncturelle témoignent bien qu’aucune prospérité n’est jamais définitivement acquise. »

 

Les salaires et les effectifs marquent le pas

En moyenne pondérée selon la taille des entreprises, la hausse des salaires en 2014 a été de 1,3% (industrie 1,2%, services 1,3%), légèrement inférieure à la prévision de 1,4% (industrie 1,7%, services 1,3%). En 2014, 38% des entreprises n’ont accordé aucune augmentation alors que cette proportion n’était que de 3% l’an passé. Sur les 3 dernières années, nous observons que les hausses réelles se sont lentement érodées : 1,7% en 2012, 1,5% en 2013 pour arriver à 1,3% cette année. Pour 2015, on prévoit est à 0,8% (industrie 1,2%, services 0,7%).

 

Logiquement, les prévisions d’évolution de la masse salariale laissent aussi apparaître une certaine retenue. En effet, en 2013, 46% des entreprises voyaient une augmentation allant de 2% à plus de 10% (22% l’imaginaient entre +2,1% et +6%) alors que cette année, cette proportion n’est que de 25% (14% pour la tranche +2,1% à +6%).

 

L’évolution prévue des effectifs est remarquablement stable : les entreprises font les mêmes projections en 2014 pour 2015 qu‘en 2013 pour 2014, c’est-à-dire une stabilité pour trois-quarts d’entre elles. On observe cependant que plus l’entreprise est grande, plus l’amplitude des réponses est vaste. Ainsi, dans les sociétés de plus de 100 collaborateurs, 39% des répondants imaginent une augmentation des effectifs et 20% d’entre eux prévoient une baisse.

 

9 février : lendemains difficiles

Suite à la votation du 9 février sur l'immigration de masse, 38% des entreprises répondantes craignent d’avoir plus de peine à l'avenir à recruter de la main-d’œuvre en provenance de l'Union européenne. La raison principale évoquée est le manque de garantie dans l’obtention d’un permis de travail pour ces collaborateurs (55%), tandis que la longueur et la complexité des démarches d'autorisation est citée par 34% des répondants.

 

En outre, si l'engagement de  main-d’œuvre étrangère est restreint, 47% des entreprises pensent augmenter la formation du personnel indigène, 34% craignent de devoir renoncer à des projets de développement et 20% envisagent de sous-traiter à l'étranger. Par ailleurs, la délocalisation à l'étranger est citée par 11% des répondants.

 

Présentation succincte de l'enquête

 

Tableaux détaillés

 

Note méthodologique

L'Enquête conjoncturelle de la CCIG a été réalisée entre le 27 août et le 26 septembre 2014. 2014 questionnaires ont été envoyés ; 513 ont été retournés et sont utilisables pour l'une ou l'autre des questions posées, soit un taux de réponse de 25,5%. Ces 513 questionnaires représentent plus de 44 000 emplois dans le canton de Genève, soit environ 36% des emplois des membres de la CCIG (122 000).

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