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L'interdépendance entre économie et migration: richesse ou handicap ?

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Posté le 20/11/2014
Communiqués de presse

(Genève, le 20 novembre 2014). Après avoir examiné l’an dernier « les moteurs du développement » de Genève, la CCIG et la BCGE, avec la contribution de l’OCSTAT, s’intéressent cette année aux hommes et aux femmes qui ont construit notre région pour l’amener à ce qu’elle est aujourd’hui. Plus de la moitié des adultes résidant actuellement dans le canton sont nés à l’étranger. Sans l’apport de ces migrants, dans de nombreux secteurs de l’économie, les entreprises ne tourneraient tout simplement pas. Intitulée « Les artisans de l’économie genevoise », cette étude, réalisée par Philippe Wanner et Yves Flückiger (Université de Genève) et Marian Stepczynski, retrace l’évolution de la migration et analyse son apport à la société genevoise. 
 
Pas de renommée internationale sans étrangers
Trois-quarts des savants genevois influents recensés du début du XVIIe siècle à l’ère industrielle sont issus de familles originaires d’autres pays que la Suisse. Le même constat peut être fait pour les entreprises. Des fleurons de notre industrie, tels que Givaudan, ont été créés par des étrangers. Jusqu’au milieu du XVIIIe, ce sont surtout les Italiens et les Français qui s’installent à Genève. Lors du premier recensement fédéral de 1850, le canton comptait déjà 24% d’étrangers, soit une proportion bien supérieure à celle de tous les autres cantons, alors qu’il n’était que le quinzième en termes de population. A la veille de la Première Guerre mondiale, la proportion d’étrangers atteint 42%, avant de décroître régulièrement jusqu’en 1941.
 
Une nouvelle immigration
Les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale s’ouvrent sur une période de croissance, en même temps que d’internationalisation des activités économiques. Le secteur tertiaire gagne en importance, tandis que les grandes activités industrielles diminuent très nettement et sont remplacées par de nombreuses petites et moyennes entreprises, actives dans la recherche et les technologies de pointe. Si Genève reste attractive pour les entrepreneurs de toute origine, la migration se diversifie, avec l’arrivée d’une importante main-d’œuvre moyennement ou faiblement qualifiée, originaire du Sud de l’Europe.
 
Parallèlement, l’installation à Genève de grandes sociétés multinationales contribue à accélérer les mouvements migratoires. Toutefois, contrairement à une idée répandue, celles-ci n’emploient pas moins de Suisses que les entreprises strictement locales : la population active d’origine suisse représente même 43,6% du nombre total d’employés des multinationales (suisses et étrangères confondues) contre 42,1% seulement dans le reste de l’économie genevoise.

 
L’exception genevoise
L’interdépendance entre l’économie genevoise et la migration est tellement évidente qu’elle est perçue comme une exception à préserver, même au sein des cercles les plus réfractaires à la migration internationale. Ainsi, les rédacteurs de l’initiative Schwarzenbach de 1970, qui exigeait une limitation de la proportion de la population étrangère à 10%, prévoyaient un régime spécial pour Genève, qui aurait pu disposer d’une proportion d’étrangers deux fois et demie supérieure à celle tolérée pour le reste du pays (25%).
 
Avec 40,9% d’étrangers dans la population cantonale à fin 2013, Genève devance toujours largement les autres cantons abritant de grands centres économiques tels que Bâle-Ville (34%), Vaud (32%), Zurich (25%) et Berne (14%).
 
Un salarié sur deux de nationalité étrangère
A Genève, la part des salariés de nationalité étrangère dépasse 50%, quel que soit le secteur d’activité. Elle est la plus faible dans l’administration publique (53%), la production et distribution d’électricité et d’eau (58%) et l’enseignement (59%). Elle dépasse 70% dans le commerce, les industries manufacturières, s’approche de 79% dans l’hôtellerie et la restauration et atteint 81% dans la construction.
 
Genevois aux multiples visages
La migration internationale façonne la société genevoise. 192 nationalités s’y rencontrent. Portugais, Français, Italiens et Espagnols forment les quatre principales communautés nationales présentes à Genève ; ensemble, ils constituent la moitié de la population étrangère.
 
Cette diversité démographique se traduit entre autres par un plurilinguisme élevé : plus d’un résident adulte sur quatre se déclare bilingue ou plurilingue, ce qui est indéniablement un atout dans une économie orientée vers les échanges commerciaux avec le reste du monde.
 
Migration récente : jeunesse, qualification et proximité
Les nouveaux arrivants sont jeunes (âge moyen 36 ans) et contribuent donc à rétablir un certain équilibre entre actifs et retraités. Ils sont aussi hautement qualifiés : trois adultes sur cinq détiennent un diplôme universitaire. Enfin, la crise économique durable que connaît l’Europe, particulièrement du Sud, fait que l’on assiste à nouveau à une migration où dominent la France, le Portugal et l’Italie.
 
 
L’étude sera présentée et discutée dans le cadre du Séminaire économique le jeudi 20 novembre à 15 h15 à Palexpo. Programme détaillé : www.ccig.ch/ee2014. Ce séminaire est organisé conjointement par la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) et la Banque Cantonale de Genève, avec la contribution de l'Office cantonal de la statistique.

Vous pouvez télécharger ici l'étude

Interview d'Hélène de Vos Vuadens sur le thème de l'étude
Interview de Marian Stepczynski
Interview d'Alexandra Rys

Pour tout renseignement complémentaire, merci de contacter :

CCIG
Alexandra Rys
Membre de la Direction
Responsable communication
Tél. 022 819 91 46
a.rys@ccig.ch
OCSTAT
Roland Rietschin
Directeur
 

Tél. 022 388 75 01
roland.rietschin@etat.ge.ch
 
BCGE
Hélène de Vos Vuadens
Directrice adjointe, responsable Communication et relations investisseurs
Tél. 022 809 24 11
helene.de.vos.vuadens@bcge.ch

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