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L’AELE, pilier du commerce extérieur suisse

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Posté le 05.02.2015
Dossiers CCIGinfo

Le commerce extérieur suisse repose, entre autres, sur près d’une trentaine d’accords de libre-échange conclus entre la Suisse et ses partenaires commerciaux. Si certains d’entre eux sont de nature bilatérale, la majorité d’entre eux sont conclus dans le cadre de l’Association européenne de libre-échange (AELE). Souvent méconnue et médiatiquement dans l’ombre d’organisations de taille plus importante comme l’Union européenne, l’AELE joue pourtant un rôle clé dans la politique commerciale extérieure de la Suisse.

 

L’AELE, c’est quoi ?
L’Association européenne de libre échange a été fondée en 1960 par sept pays : l’Autriche, le Danemark, la Norvège, le Portugal, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni. La Finlande, l’Islande et le Liechtenstein se sont joints au groupe par la suite. Plusieurs de ces pays ayant ensuite adhéré à la Communauté européenne (CE), les membres de l’AELEsont actuellement au nombre de quatre : l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.

 

La zone de libre-échange ainsi créée représentait une alternative à la CE. Ainsi, contrairement à cette dernière, l’AELE ne comportait pas de composante supranationale et/ou politique et pas de politique agricole commune. Genève, en particulier, est intimement liée à l’AELE, l’Association ayant son siège à deux pas du Palais des Nations. Quelques chiffres permettent de mieux cerner l’importance de l’AELE :  

 

AELE

Islande

Norvège

Liechtenstein

Suisse

Population

13’449’030

321’857

5'051’275

36’838

8'039’060

Echanges commerciaux

(USD milliers)

Import.

293’382’466

4'423’687

88’418’094

200'540’685

Export.

386’250’028

4’986’613

152’089’209

229’174’206

Balance commerciale

92’867’562

562’926

63’671’115

28’633’521

Sources : AELE, CCIG - 2013

 

A noter que tous les pays de l’AELE présentent une balance commerciale positive, signe d’un dynamisme économique remarquable. Il convient aussi de relever que chaque pays membre possède une structure de commerce extérieur qui lui est spécifique. Les produits de la pêche représentent ainsi la grande majorité des exportations islandaises, alors que les exportations norvégiennes font une large place aux produits pétroliers et autres combustibles minéraux. La Suisse est quant à elle spécialisée dans les produits pharmaceutiques, l’industrie mécanique et des machines.

 

Rôle de l’AELE pour la Suisse
La Suisse a toujours poursuivi une stratégie commerciale en faveur dulibre-échange, car il est dans l’intérêt des entreprises basées en Suisse de pouvoir compter sur un accès optimal au plus grand nombre de marchés. Il s’agit, d’une part, de garantir un cadre réglementaire aussi prévisible que possible et, d’autre part, de faire en sorte que les entreprises suisses ne soient pas discriminées par rapport à leurs concurrents basés dans d’autres pays. En effet, si une entreprise est basée dans un pays bénéficiant d’un accord de libre-échange avec un pays importateur, elle bénéficiera d’un avantage comparatif par rapport à une entreprise basée dans un pays ne bénéficiant pas de telles facilités commerciales. De tels accords permettent en outre de réaliser des économies en termes de droits de douane qui profitent aux entreprises exportatrices et aux consommateurs.

 

La Suisse opte autant que faire se peut pour la voie multilatérale via l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais devant les blocages entourant les dossiers en cours de traitement au sein de l’OMC, les négociations dans le cadre de l’AELE ou de manière bilatérale permettent de gagner du temps. C’est là que l’AELE présente toute son importance pour la Suisse. En effet, sauf exception, les accords de libre-échange auxquels la Suisse est partie prenante sont conclus dans ce cadre. Il est en effet souvent plus efficace de négocier en groupe plutôt que de se retrouver seul à la table des négociations. En outre, la Suisse peut ainsi compter sur les connaissances approfondies et le soutien logistique de l’Association.

 

L’exception qui confirme la règle
Parmi les exceptions, mentionnons les accords avec la Chine et le Japon qui sont d’ordre bilatéral. C’est là en effet une particularité de l’AELE : contrairement à un régime d’union douanière, l’AELE permet à ses membres de conclure aussi des accords de libre-échange bilatéralement, une spécificité dont ne peuvent pas se prévaloir les membres de l’Union européenne, par exemple.

 

La Suisse dispose ainsi d’un réseau étendu d’accords de libre-échange, et plusieurs accords sont actuellement en cours de négociation. A ceux-ci s’ajoutent plusieurs déclarations de coopération entre l’AELE et un certain nombre de pays. Ces coopérations sont autant de forums permettant d’améliorer les conditions de commerce entre les partenaires. Suivant les cas, elles permettent de préparer le terrain pour de futures négociations autour d’un accord de libre-échange.

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