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Merci aux fonctionnaires !

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Jacques Jeannerat
Posté le 04.02.2015
Opinions

La grande majorité des fonctionnaires n’a pas répondu à l’appel à la grève de jeudi dernier. Il m’apparaît donc juste de remercier ceux-là d’avoir pris conscience que leur sort, à Genève, est le plus enviable de Suisse et que, face aux affres de certains secteurs de l’économie, ébranlés par le renchérissement du franc, faire la grève en cette période revenait à se plaindre la bouche pleine.

 

Il n’est pas inutile de rappeler que le coût par habitant de la fonction publique est le plus élevé de Suisse et que les salaires médians servis dans le secteur public sont de 1600 francs plus élevés que les salaires médians du secteur privé. Une analyse par secteur d’activités est tout aussi illustrative, avec des écarts de salaires très marqués en faveur de la fonction publique dans des secteurs comme l’enseignement ou le nettoyage, comme la CCIG l’a démontré en 2013 dans son étude « Impôts et dépenses publiques : inquiétudes pour les Genevois ».

 

On peut certes comprendre que l’économie de 17,5 millions de francs imposée par le Grand Conseil au Département de l'instruction publique soit difficile à digérer. Mais même avec un grand effort d’imagination, comment critiquer le fait de demander aux fonctionnaires de travailler 42 heures au lieu de 40 heures ? La durée normale du travail dans les entreprises, en moyenne suisse, est de 41,7 heures. 42 heures est-il donc choquant ? A l’évidence, non. Il n’apparaît pas plus choquant de demander une répartition équitable des cotisations au 2e pilier entre les fonctionnaires et l'Etat, alors qu'aujourd'hui ce dernier participe pour deux tiers aux versements.

 

En attendant, la dette par habitant (enfants compris) est de 35 000 francs – sans compter l’engagement de recapitalisation des caisses de pension publique – supérieure de 10 000 francs à celle de Bâle et de 20 000 francs à celles de Zurich et Vaud. De fait, le revenu réellement disponible des Genevois-es est le plus bas de Suisse.

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