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Le développement durable, bon pour l’entreprise

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Posté le 23/04/2015
Dossiers CCIGinfo

Soutenu par la CCIG depuis sa création, le Diplôme d’études supérieures en emploi (DAS) en Management durable de la Haute école de gestion de Genève (HEG) et de HEC Executive de l’Université de Genève accueillera au mois de septembre sa sixième volée d’étudiants. L’occasion de faire le point sur les atouts d’une formation professionnelle unique en Suisse romande avec Andrea Baranzini, professeur et responsable de la Formation continue HEG, et Paolo Baracchini, chargé de cours, co-directeurs de la formation.

Le DAS en Management durable a été créé en 2009, grâce au partenariat entre les deux institutions genevoises que sont la HEG Genève et HEC Executive de l’Université de Genève. Premier diplôme professionnel spécialisé en la matière en Suisse romande, il se démarque par une offre de cours complète, dont l’objectif est de former des professionnels à la mise en œuvre concrète et structurée du développement durable et la responsabilité sociétale au cœur de la gestion d’entreprise.
La formation comprend douze modules d’enseignement, répartis sur une année. Ils couvrent des thématiques telles que la stratégie développement durable et la gouvernance, le marketing soutenable, les principes éthiques, l’évaluation de projet et de produit ou encore l’audit management durable en entreprise.

Pour chaque module, trois types d’intervenants (académiques, experts et professionnels en entreprise) viennent présenter une approche structurée aux étudiants leur permettant ainsi d’avoir une compréhension et des compétences effectives dans le domaine de la responsabilité sociétale et de la durabilité. Sur l’ensemble de la formation, plus de 70 intervenants viennent partager leurs savoirs et compétences avec les participants.

Grande nouveauté pour cette formation : depuis l’an passé, trois modules sont certifiants et permettent d’obtenir une attestation de formation de l'Institut Formation Carbone de Paris, une certification GRI (Global Reporting Initiative) et une certification d'auditeur en Management durable en partenariat avec ISC Business School Paris.

« Depuis sa création, nous pouvons dire que le DAS en Management durable a trouvé son niveau reconnu d’excellence et a atteint la structure qui était souhaitée au départ » affirme Andrea Baranzini. Ce qui n’exclut pas la possibilité d’étendre les certifications ou partenariats dans le futur, bien entendu. Le processus d’évaluation de la formation par les étudiants, mis en place dès la première volée, est aussi l’une des clés de ce succès.

Se former… et être reconnu dans la profession
On compte en moyenne entre 15 et 20 participants par session, issus généralement du secteur de l’industrie et des services du bassin genevois. Quatre «profils types » de participants peuvent être identifiés. Il y a tout d’abord – et c’est la catégorie la plus exigeante – les personnes qui se sont vu confier une mission en termes de développement durable dans leur entreprise. Ces participants sont à la recherche d’outils concrets et directement applicables afin de mettre en œuvre leur mission. On retrouve aussi des personnes qui souhaitent évoluer au sein de leur entreprise en intégrant une position dans le domaine du développement durable ou de la responsabilité sociétale. Viennent ensuite les personnes occupant déjà un poste dans ce domaine et qui souhaiteraient valider leur savoir et leurs acquis. Finalement, le diplôme attire aussi un public désireux d’enrichir sa culture générale avec une approche moderne et intéressante, même si cette catégorie reste minoritaire. Leur objectif commun ? Disposer d’une attestation formelle qui puisse certifier de leurs réelles compétences en Management durable, affirme Andrea Baranzini.

En plus de la formation en elle-même, le DAS en Management durable offre aux participants l’occasion de se construire un réseau professionnel de très haute qualité. Que ce soit entre les participants mêmes, mais surtout grâce à l’accès facilité aux intervenants dont ils bénéficient. S’ajoutent à cela les Rencontres du Management durable, organisées conjointement par la HEG, la CCIG et le Service cantonal du développement durable, qui représentent pour les étudiants un lieu supplémentaire de rencontre avec des entreprises actives dans le développement durable.

Le développement durable : un outil d’optimisation de la gestion d’entreprise
Cela fait une dizaine d’années que la notion de développement durable et l’approche de responsabilité sociétale ont trouvé un certain public auprès des entreprises en Suisse et dans le monde. Si les actes de ces dernières se sont souvent traduits par de « bonnes actions » ou même des coups de publicité au départ, elles expriment aujourd’hui le besoin de structurer leur démarche à travers une véritable stratégie. « Elles ont atteint une certaine maturité managériale dans leur approche du Management durable » affirme Paolo Baracchini.

Cette maturité s’illustre par des questions que les entreprises se posent en termes de performance durable telles que « Comment gérer mes ressources sur le long terme ? », « De quelle manière justifier mon impact auprès de l’ensemble parties prenantes ? », « Quelle est le rôle de mon entreprise vis-à-vis de la société et vice-versa ? » ou encore « Comment valoriser et présenter la qualité de mon entreprise ? ».

Les entreprises se retrouvent aujourd’hui face à un choix important : attendre qu’on leur dise ce qu’elles devront faire en termes de développement ou être proactives et obtenir ainsi un avantage compétitif, améliorer leur productivité et la valeur ajoutée de leurs produits et prestations.

« Le développement durable n’est pas un plus, c’est une manière sensée de gérer au mieux son entreprise » conclut Paolo Baracchini. Il s’agit d’une expansion du périmètre de l’action et de créativité de l’entreprise. Selon lui, il existe encore un espace inexploité de performance et d’outils à intégrer pour les entreprises afin de garantir leur pérennité.


Paroles d’étudiants : Deux anciens élèves, lauréats du prix de la CCIG (qui récompense le candidat ayant réalisé la meilleure moyenne générale) en 2013 et 2014, témoignent de leur expérience.

Deborah Paulino, responsable des Opérations chez 022 TELEGENEVE SA – NAXOO, lauréate du prix de la CCIG en 2013
Quelles étaient vos attentes lors de votre inscription à ce DAS ?
Le développement durable est un sujet qui m’intéresse à titre personnel depuis des années. Ayant une formation initiale en gestion d’entreprise, je me suis inscrite pour connaître l’apport du « durable » au management. Je souhaitais découvrir les applications du management durable en entreprise.

Qu’avez-vous retiré personnellement de cette formation ?
J’ai particulièrement apprécié la confrontation des points de vue avec les intervenants ainsi qu’avec le groupe d’étudiants, qui avait une dynamique positive et enrichissante. La force de cette formation est d’allier une approche théorique avec des échanges et réflexions sur des cas pratiques. En particulier, les travaux de validation des modules sont l’occasion d’analyser le fonctionnement d’une entreprise par rapport aux concepts étudiés. Cette formation est d’autant plus intéressante que l’on peut s’appuyer sur sa propre expérience professionnelle.

Le travail final d’audit d’une entreprise donne tout son sens  aux nombreux cours suivis : il m’a permis d’appliquer concrètement les enseignements reçus au profit d’une entreprise réelle, dans un domaine qui m’était totalement étranger.
Enfin c’était un joli challenge personnel d’entreprendre une formation en parallèle de mon activité, une opportunité d’entretenir la vivacité de mes neurones, tout en découvrant de nouveaux horizons.

Quentin Mathieu, chargé des projets à l’Aéroport de Genève, lauréat du prix de la CCIG en 2014
Que représente pour vous le prix de la CCIG ?
Par ce prix, la CCIG souligne l’utilité et l’intérêt du management durable dans le pilotage stratégique d’une entreprise. De manière personnelle, je suis très content d’avoir obtenu ce prix, qui vient couronner une année de formation très enrichissante. J’en profite pour remercier la CCIG d’encourager ce savoir-faire indispensable pour la gestion de l’entreprise et répondre aux défis posés par le développement durable.

Le management durable, ça se traduit comment dans votre entreprise ?
Ayant commencé à travailler à l’Aéroport de Genève au cours de la formation, j’ai pu découvrir une entreprise en phase de croissance dans un secteur aéronautique polarisant beaucoup de préoccupations environnementales et sociales.
Genève Aéroport est, pour moi, très révélateur des enjeux actuels du développement durable. Il doit composer avec un nombre très important de paramètres souvent contradictoires.

À ce titre le dialogue avec les parties prenantes revêt une importance capitale de même que l’analyse fine des besoins, des préoccupations et des attentes présents et futurs. Sans oublier les dimensions locales, nationales et internationales.
Je dirais de manière très générale que la durabilité consiste, dans ce cadre, à gérer la complexité, identifier les impacts et arbitrer les attentes afin de minimiser le négatif et maximiser le positif.

Selon vous, quels sont les défis d’une telle discipline dans les années à venir ?
Il s’agit d’une jeune discipline ; pour ma part, je vois trois défis principaux. Le premier réside dans la capacité à innover et à disposer des outils et connaissances permettant de s’assurer de la pertinence et de la cohérence des actions dans le temps.
Le deuxième consiste en l’anticipation des changements de paradigme; qu’ils soient réglementaires, conjoncturels ou sociaux, ils seront à l’avenir de plus en plus au centre des préoccupations de l’entreprise.

 Le troisième est en rapport avec la conduite du changement ; les mentalités doivent évoluer. Nous sommes actuellement passés dans une ère où il faut faire qualitativement mieux, de manière différente, transparente et respectueuse.
Afin de ne pas subir le changement, les entreprises doivent se montrer innovantes ou au moins exemplaires sur les plans entrepreneurial, social et environnemental. Elles devraient participer à une transition systémique inévitable et urgente.

 

 

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