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Les chiffres sont têtus : l’économie suisse embauche

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Jacques Jeannerat
Posté le 08.07.2015
Opinions

L’immigration en Suisse est avant tout une immigration de main d’œuvre. En d’autres mots : l’économie suisse embauche. Telles sont les conclusions du 11e rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE, publié le 23 juin dernier.

Ainsi, les tendances déjà relevées dans de précédentes éditions sont confirmées. La Suisse embauche à tour de bras et fait appel à des spécialistes, avant tout au bénéfice d’une formation supérieure. Le motif numéro un cité par les entreprises pour justifier du recours à de la main d’œuvre étrangère reste d’ailleurs le besoin en compétences pointues. Immigration et vigueur économique sont donc largement corrélées, et il faut s’en réjouir.

Les effets bénéfiques de la libre-circulation sont légion et aucun impact négatif majeur n’est constaté s’agissant du taux de chômage ou du niveau des salaires. Le bilan est donc largement positif. Mais ce tableau ne doit pas occulter quelques défis. Selon les régions du pays, ou encore les branches ou les catégories de travailleurs concernés, on ne peut exclure que ceux-ci soient soumis à davantage de pression, induite par l’arrivée de nouveaux travailleurs. De même, les partenaires sociaux constatent malheureusement encore l’existence, parmi les entreprises, de moutons noirs pratiquant la sous-enchère salariale. Même s’il s’agit là d’une minorité de cas, force est de constater qu’ils portent atteinte à la réputation de leurs homologues honnêtes et au bon fonctionnement du marché du travail suisse.

Ces risques doivent être pris en compte et les interrogations de la population à cet égard, trouver réponse. Car la Suisse a de formidables outils en sa possession pour y faire face sans nuire à l’activité économique ou à la flexibilité du marché du travail. Elle a ainsi réussi la prouesse de combiner une forte immigration avec un marché du travail stable et des salaires en progression constante. La clé de ce succès est à trouver dans le principe du partenariat social, couplé à des contrôles efficaces permettant de prévenir les dérives. A l’évidence, un effort soutenu devra également continuer d’être porté sur la formation, notamment en regard de l’émergence de nouveaux métiers. La vigilance et la persévérance porteront des fruits, quand régulation et tracasseries administratives ne feront qu’affaiblir la compétitivité de la Suisse.

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