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Marbre ou encre sympathique ?

Nathalie Hardyn
Posté le 09/12/2015
Opinions

Le Grand Conseil a adopté vendredi dernier une loi qui promet aux Genevois « une mobilité cohérente et équilibrée ». Les envolées lyriques qui ont résonné dans la salle des Cents seront oubliées quand il s’agira de voter en juin prochain. Pour l’heure, la CCIG demeure inquiète quant à l’impact de cette future loi sur le tissu économique ; et elle n’est pas mécontente que plusieurs élus aient déclaré vouloir veiller à ce que sa mise en œuvre tienne compte des besoins des entreprises et du maintien de la vitalité du centre-ville.

La CCIG a examiné minutieusement les conséquences du projet sur le trafic professionnel, la fluidité générale du trafic, l’accès au centre-ville et le stationnement. Elle en a conclu que le projet méritait d’être amélioré pour aller davantage dans le sens des besoins de l’économie et des entreprises. C’est la raison pour laquelle elle a soutenu les amendements déposés par l’UDC. La majorité du Grand Conseil n’a toutefois pas voulu briser le consensus politique auquel était parvenue la sous-commission à l’origine du projet. Elle n’a donc accepté que deux amendements mineurs en séance plénière, ce qui a pourtant suffi aux Verts pour renoncer à retirer leur initiative sur les transports publics. Résultat : les deux textes seront soumis en votation, peut-être en même temps que l’initiative PLR-PDC sur la traversée du lac. Une simultanéité des votes ne serait pas dénuée de sens car la loi sur la mobilité s’apparente davantage à une série de mesures d’accompagnement de la traversée du lac qu’à un contre-projet à l’initiative verte.

Si la loi est acceptée par le peuple, sa mise en œuvre devra s’opérer de manière cohérente avec la réalisation de la grande traversée et des projets de développement des infrastructures de transports (transports publics, parkings P+R, stationnement en bordures des zones piétonnes). On attend donc des élus qu’ils soient cohérents et s’engagent à accepter les crédits indispensables pour augmenter l’offre des transports publics et la création de parkings ; et que le PLR et le PDC fassent passer l’initiative sur la traversée du lac. Parce que Verts et Socialistes – eux – la combattront avec la dernière des énergies.

Le 4 décembre, l’accord soi-disant historique sur la « paix des transports » a-t-il été gravé dans le marbre ou signé à l’encre sympathique ? Réponse en juin prochain. La CCIG prendra position fin janvier.

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