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Croire aux faits

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Jacques Jeannerat
Posté le 17.02.2016
Opinions

Nous observons que les campagnes de votation sont souvent l’occasion pour les citoyens d’exprimer des professions de foi plutôt que d’entamer des débats de fond. Et la mode des campagnes à intitulé émotionnel (on en a actuellement un bel exemple avec l’initiative baptisée « Pas de spéculation sur les denrées alimentaires ») ne fait qu’encourager cette tendance.

Facebook fonctionne à cet égard comme un révélateur. Certes, il ne s’agit pas d’un medium propice à la réflexion philosophique. Mais lorsqu’un « Facebooker » fustige le négoce international au motif qu’il prive le paysan de revenus que le « marché international » lui aurait autrement octroyés, la méconnaissance des principes de base du fonctionnement de l’économie rend difficile, voire impossible, tout dialogue.

Et c’est comme cela que la croyance remplace le point de vue, quel qu’il soit. Et nous devons nous en inquiéter. « Nous » étant les acteurs institutionnels tels que la CCIG mais aussi les politiciens.

Car, pour rester avec le même exemple, la théorie de l’offre et de la demande n’est pas une opinion ; elle est un fait. Les associations économiques doivent sans doute accepter une part de responsabilité et admettre qu’il leur incombe, comme à d’autres acteurs, de faire de la pédagogie.

Dans une démocratie telle que la nôtre, les citoyens vont être appelés de plus en souvent à se prononcer sur des sujets compliqués. Si l’émotion et la croyance remplacent la réflexion et les faits, il n’y aura, au final, que des perdants.

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