FR
EN

RIE 3 – construction en cours

ShareThis
Charles Lassauce
Posté le 20.04.2016
Opinions


« C’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon ». Cet adage, emprunté au monde du bâtiment, se prête parfaitement à la tâche qui attend le ministre des finances, Serge Dal Busco. Après des mois de préparation, l’élaboration de fondations solides et le développement d’une vision claire des contours de l’ouvrage – avec notamment le cap solide d’un taux d’imposition des entreprises de 13% - la réforme de l’imposition des entreprises (RIE 3) entre à présent dans sa phase de réalisation. Moment de tous les dangers au cours duquel il faudra éviter le tremblement de terre qui ébranlerait l’édifice encore fragile.

Alors que le Parlement fédéral, par le règlement des divergences entre ses deux Chambres, est en phase d’ajustement des plans de la réforme et que le canton de Vaud a mis sous toit la sienne, par scrutin populaire et 87% des voix, la marge de manœuvre genevoise ne laisse plus place à la fantaisie. Le cadre étroit fixé tant par Berne – pour les mesures fiscales qui peuvent être mises en œuvre dans les cantons – que par Vaud – pour un taux d’imposition concurrentiel – conduit Genève à se positionner dans l’alignement des édifices déjà réalisés. Et pourtant…

La semaine passée, en préambule à la table ronde organisée par le Conseil d’Etat, véritable « rendez-vous de chantier » auquel la CCIG a été invitée, nombreux sont ceux qui ont fait part de leurs desiderata d’un autre projet, laissant libre cours à leur imagination débridée, notamment lorsqu’il s’agit d’imposer de nouvelles taxes et impôts, indifféremment aux entreprises, à la classe moyenne, aux propriétaires immobiliers ou aux riches contribuables, au risque de les perdre. De réforme étatique pour digérer la réduction des recettes fiscales en réduisant les dépenses, nulle trace…

Pour sa part, la CCIG est consciente de son rôle dans ce processus consultatif. Elle adoptera une position réaliste, favorable aux entreprises et à Genève, afin que notre canton conserve son attractivité économique et les prestations publiques qu’il mérite. Serge Dal Busco ne sera pas le seul maçon à vouloir construire RIE 3 sur des bases solides, pérennes et concurrentielles.

1 commentaire

Maeder
Posté le 21.04.2016
La grande différence entre Vaud et Genève est que le Canton de Vaud a trouvé un compromis entre gauche et droite qui limite les dégâts et les pertes fiscales. A Genève, c'est tout le contraire. La droite s'agrippe à ses 13% sans lâcher un centime de mesures compensatoires sur les millions économisés par les entreprise (l'article ci-dessus en est l'illustration parfaite). La gauche s'accrochera à 15% pour limiter les pertes fiscales et défendre les fonctonnaires. Si il y a référendum, ce qui semble fort probable, rien n'est gagné. Le contribuable ne voudra pas être le dindon de la farce !

Les commentaires sont modérés avant d'être publiés