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Surtout, ne pas promouvoir l’efficacité !

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Jacques Jeannerat
Posté le 25.05.2016
Opinions

L'initiative «en faveur du service public» prévoit que le service public n’ait pas de but lucratif et que la rémunération des employés des anciennes régies fédérales comme la Poste ou les CFF, notamment celle des grands patrons, ne soit pas supérieure à celle des fonctionnaires de la Confédération.

Priver le service public de ressources financières propres reviendrait à avoir, comme avant 2000, des tarifs de prestations exorbitants en comparaison européenne et zéro incitation à innover. En effet, la transformation, à la fin des années 1990, des régies en sociétés anonymes avec une participation largement majoritaire, voire exclusive, de la Confédération a permis de libéraliser tout en gardant dans la loi le contrôle des prestations essentielles du service public. Les services ont ainsi pu être modernisés, avec des prestations à des prix proches de leurs coûts réels, grâce aux éventuels bénéfices réalisés, et cela, alors que la population suisse et ses besoins augmentent.

Il ne faut pas oublier non plus que, si bénéfice il y a, celui-ci va à la Confédération et, partant, à la population. Ces sociétés paient en outre des impôts considérables. La question des salaires élevés de certaines sociétés peut être réglée par le Parlement, sans accepter l'initiative en bloc avec tous ses effets négatifs.

De fait, la baisse supposée des prestations publiques sont à chercher ailleurs que dans la structure des sociétés qui les fournissent : l'augmentation exponentielle de la mobilité des Suisses, la diminution du recours aux services postaux traditionnels par exemple.

Accepter l'initiative reviendrait à refuser de donner au service public les moyens de nos ambitions, légitimes, d’entrepreneurs et de citoyens. Soyons donc efficaces et refusons cette proposition !

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