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Ne diabolisons pas la densité !

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Charles Lassauce
Posté le 07.12.2016
Opinions

La révision – partielle – du Plan directeur cantonal 2030 franchit une nouvelle étape à Genève : il vient d’être mis en consultation auprès de la population jusqu’au 15 février. Plus que jamais, les modifications envisagées consacrent un principe fondamental pour le canton étriqué qu’est Genève : l’utilisation optimale du sol par une densification qualitative.

Certains irréductibles opposants à l’Etat «envahisseur» le considèrent comme un plan démoniaque. La résistance au changement est un phénomène humain bien connu et compréhensible. Le développement de la région genevoise ne peut toutefois se satisfaire du statu quo imposé systématiquement par certains propriétaires de villas, situées dans des zones qui font à présent partie de la ville. On pense par exemple au périmètre compris entre gare et aéroport, que l’étude GVACUBE publiée en 2010 par la CCIG avait identifié comme un secteur appelé à muter.

Dans les faits, Genève n’aura pas le choix. Le canton est sommé par le Conseil fédéral de densifier ses zones à bâtir et de conserver intactes ses terres cultivables. Face à cette quadrature du cercle, l’Etat devra faire preuve de pragmatisme et de persuasion. Pragmatisme, car il ne sera pas possible de passer en force, sans l’accord des propriétaires concernés par les périmètres à densifier. Ceux-ci attendent des conditions raisonnables, notamment financières, pour se reloger correctement. Persuasion également pour faire comprendre à des personnes vivant dans un quartier depuis des dizaines d’années que celui-ci est appelé à changer. Le but étant de rendre plus nombreux ceux qui trouveront un logement sur le canton.

Alors, faut-il craindre la densification ? Le slogan « marre des barres », liant densité et habitat stéréotypé, a la vie dure : certes justifié, il est en perte de vitesse sur les nouveaux projets. Pourtant, il est possible d’allier qualité et densité. Ainsi, sur la même commune, le Vieux-Carouge a la même densité que les Tours, exemple parlant des multiples formes urbaines que peut prendre un quartier dense.

Construire à Genève est une nécessité, densifier est un moyen d’atteindre ce but (en optimisant le sol disponible), fluidifier la mobilité est la résultante de ces mesures (en limitant les flux pendulaires). A l’Etat de démontrer la justesse de cette équation, en permettant la construction de logements en suffisance. Pour cela, il devra moins se focaliser sur leur catégorisation que sur la faculté des acteurs à les construire. Pragmatisme et persuasion…

2 commentaires

MENARD
Posté le 07.12.2016
Construire oui c'est plus que nécessaire sur Genève, mais je suis effarée de voir les horreurs qui sont actuellement installées en face de la piscine de la Fontenette, je comprends dès lors plus que bien les réticences des propriétaires si de tels immeubles sont construits dans leur environnement qui jusqu'alors était plutôt harmonieux. La pénurie chronique de logements à Genève ne devrait jamais avoir à supporter les délires de quelques architectes qui construisent des immeubles ressemblant plus à des cabanes de chantier qu'à des appartements et qui eux-mêmes ne les occuperont jamais. A quand de la belle architecture aussi pour les logements collectifs ? Aujourd'hui tous les moyens existent pour que ces constructions collectives soient aussi agréables à regarder, qu'agréables à vivre tout en répondant aux normes environnementales en vigueur et en restant dans des coûts "raisonnables". Merci de votre écoute.
Charles Lassauce
Posté le 07.12.2016
Nous ne pouvons qu’aller dans votre sens, qui est également celui de cet édito. Sans prendre position sur les immeubles que vous citez à la Fontenette, ce n’est effectivement qu’au travers d’une architecture plus audacieuse, fonctionnelle et plaisante que l’acceptation de nouvelles constructions par la population pourra se faire. Le carcan législatif et réglementaire qui impose maintes contraintes à la créativité devrait certainement être repensé pour une meilleure diversité des habitats proposés. Dans tous les cas, un grand merci pour votre commentaire.

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