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Le Sénégal, modèle du renouveau africain

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CCIG
Posté le 25.04.2017
Comptes rendus

Le Sénégal était à l’honneur à Genève, en marge du 5e Africa CEO Forum organisé récemment à l’hôtel Intercontinental. Un accord de coopération a été conclu à cette occasion entre la CCIG et l’Union nationale des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Sénégal (UNCCIAS).

Le 17 mars dernier, la CCIG co-organisait avec Capital Emergence SA, dans ses murs, une matinée de présentation sur les investissements au Sénégal. « C’est une chance que son économie soit aussi diversifiée, basée autant sur les services, l’industrie, le secteur minier que l’agriculture », a indiqué d’emblée Malik Diallo, premier conseiller à la Mission permanente du Sénégal auprès de l'ONU à Genève. Amin Kébé, économiste du développement à l’OMS, a tenu à prouver que le capital humain était encore plus important que les richesses du sous-sol. « Le Sénégal est une terre d’histoire, un berceau des religions et une porte d’accès sur l’Afrique de l’Ouest. Le savoir-faire local est encore mal valorisé et doit suivre une stratégie précise pour prouver son potentiel. » A ses yeux, il y a besoin de miser sur les ressources humaines, la femme africaine et la démocratie.

Et comme l’a rappelé Anne-Laure Héritier, directrice de la société Capital Emergence SA, le Sénégal connaît une croissance de 6,5%. Cet essor est porté par le Plan Sénégal Emergent 2035, qui mise sur une prospérité partagée, l’économie verte et des synergies avec le monde privé. Pour booster les échanges économiques, la société de conseils souhaite mettre en place cette année même un hub pour concentrer les investissements pour les PME/PMI Suisse-Sénégal.

Un exemple concret de réussite ? Karitediema, la première marque cosmétique suisso-sénégalaise à base de beurre de karité produit au Sénégal. Sa créatrice, Ndiemé Ndiaye, qui a gagné plusieurs prix de Salons des inventions, a développé un business model pour valoriser la production rurale raisonnée et durable. 4000 femmes sont organisées en coopératives de production autogérées, ce qui leur assure un revenu stable.

Ainsi que le soulignait Vincent Subilia, directeur général adjoint de la CCIG, « continent pluriel, l’Afrique recèle un fort potentiel de marché, à l’instar du Sénégal qui incarne un réel dynamisme entrepreneurial. Ce pays constitue un réel relais de croissance pour les entrepreneurs suisses. »

Salle comble à Uni Dufour
A peine l’Africa CEO forum clôturé, le président sénégalais Macky Sall a participé à une conférence publique à Uni Dufour devant un millier de curieux. « Il faut porter un nouveau regard sur l’Afrique, a dit Macky Sall, en référence au thème de la conférence. Il existe une Afrique laborieuse et inventive ; ne la réduisons pas à la seule aide humanitaire ou aux migrants et clandestins. Désormais, on ne devra pas soutenir l’Afrique, mais travailler avec elle. L’avenir est entre nos mains, ce n’est donc pas aux autres d’écrire notre destinée. L’Afrique n’est pas pauvre, elle possède 12% des réserves mondiales de pétrole et 40% de celles d’or ! »

56 ans après l’accession à l’indépendance, les autorités sénégalaises ont mis en place, en mars 2016, une quinzaine d’innovations. Celles-ci suivent trois axes : transformer l’économie nationale ; miser davantage sur le capital humain et instaurer un système de paix, sécurité et gouvernance.

La mécanisation agricole est une priorité pour avoir une autosuffisance alimentaire. Autre enjeu : la formation, qu’il faut appliquer aux techniciens et ouvriers, pas seulement aux cadres supérieurs. Le projet NEPAD (Nouveau partenariat pour un développement de l’Afrique) est l’un des futurs outils de travail du continent. En commençant par améliorer les communications. Car il n’existe quasiment pas d’interconnexions entre les capitales africaines.

La Suisse, un partenaire de toujours
Il y a beaucoup de projets universitaires en lien avec l’Afrique, a relevé le recteur de l’UNIGE Yves Flückiger, par exemple pour lutter contre les faux médicaments. « La Suisse a toujours porté un regard lucide et juste sur l’Afrique de par sa neutralité », a déclaré le président du Conseil d’Etat François Longchamp.

En conclusion, l’Afrique n’est pas un monolithe, mais une diversité de 54 Etats au potentiel énorme. Et le Sénégal, appelé parfois le « nez de l’Afrique », sera peut-être le fer de lance du renouveau de ce continent si séduisant.


Le Sénégal en quelques chiffres

Population : 14 millions d’habitants
Superficie : 200 000 km2
PIB : 3000 milliards de francs (4e économie Afrique Ouest)
Répartitions par activité : 16% dans l'agriculture, 22% dans l’industrie, 62% dans les services.
Principales recettes : pêche, tourisme, services.
Principaux marchés d’exportation : l’Europe de l’Ouest, l'Inde et la Chine.

 

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