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Taxer les places de parking : c’est non

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Nathalie Hardyn
Posté le 15.11.2017
Opinions

La plénière du Grand Conseil débattra bientôt d’une motion (M 2341-A) visant à taxer les entreprises qui proposent gratuitement ou pas des places de parking à leurs collaborateurs. Ce nouvel impôt servirait à la promotion des transports publics.

Comme toutes les métropoles, Genève connaît des embouteillages aux heures de pointe. Ceux-ci engendrent des nuisances, ralentissent les transports publics et provoquent des pertes économiques pour les entreprises. Ce constat, posé par les motionnaires, n'est pas faux. Mais la solution proposée par le MCG, appuyé par les Verts, les Socialistes et Ensemble à gauche, est une mauvaise formule. Le texte doit être refusé.

L’impôt sur les places de parking frapperait surtout les entreprises situées dans des zones excentrées et dont les employés sont des pendulaires. Employer des pendulaires est une obligation quand votre entreprise ne dispose pas d’un réservoir de main d’œuvre dans son périmètre proche ou quand elle est située dans une zone mal desservie par les transports en commun. La mobilité douce n’est pas toujours possible ; aller de Chancy jusqu’au centre-ville à vélo, c’est à la portée de certains, mais pas de tous, même avec un vélo électrique. Si vous travaillez au Bois-de-Bay, et que vous essayez de vous rendre au travail le matin en transports publics depuis Bernex ou Châtelaine, ce n’est franchement pas évident. Quand vous terminez votre journée de travail, il suffit que vous ayez trois ou quatre minutes de retard pour rater le bus et devoir attendre une heure le suivant. Les moyens alternatifs à la voiture sont donc très théoriques dans plus d’une région du canton.

Pour maîtriser les congestions de trafic, il n’existe pas de solution-miracle, mais de multiples solutions partielles: amélioration des infrastructures de transports publics, construction de parkings-relais, promotion des plans de mobilité, densification de l'habitat, bouclement de la ceinture autoroutière, etc. Or, de ces projets, la motion ne fait nulle mention.

Enfin, parlons charge fiscale. Un impôt de plus alourdirait les charges des entreprises. Au moment où les Vaudois viennent d’annoncer la prochaine baisse de la fiscalité des entreprises, ce serait un signal particulièrement négatif pour l’économie genevoise. Les sociétés doivent-elles contribuer, par des impôts affectés, au financement des transports au motif que la mobilité fait partie des conditions cadre importantes pour qu'elles prospèrent ? La question peut être posée, mais elle doit s'inscrire dans une réflexion globale sur la fiscalité des entreprises. Celles-ci alimentent largement les recettes cantonales et financent par conséquent les politiques publiques, dont la politique des transports.

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