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Peut-on faire l’économie de l’Economie ?

Juan-Carlos Torres
Posté le 23/05/2018
Opinions

Le Conseil d’Etat a donc redistribué les cartes. Premier constat : l’économie a disparu. Plus de département comportant ce mot. Le département de la sécurité est « allégé de l’économie », pour reprendre les termes du communiqué de presse du département présidentiel. Même la direction générale, créée début 2017 pour rassembler développement économique, recherche et innovation (DG DERI) est amputée de son adjectif.

J’avais déjà relevé dans les colonnes de l’Agefi, entre les deux tours, que la vitalité économique de notre canton n’était au premier rang des préoccupations d’aucun des partis. Le collège gouvernemental pense-t-il que notre dynamisme économique est si solidement installé qu’il ne faille plus s’en préoccuper ? Le croire serait fatal à une Genève en proie à une concurrence internationale toujours plus vive.

Qu’on ne s’y trompe pas, essayer de décrypter les intentions du Conseil d’Etat ne relève pas d’un exercice de pure forme. Car « l’économie » n’est pas un vague concept. Ce sont les milliers d’entreprises, de toutes tailles et de tous secteurs, qui créent la prospérité de Genève. En d’autres termes, ce sont elles qui fournissent à l’Etat, directement par les impôts qu’elles versent et indirectement par ceux de leurs employés, les moyens de son fonctionnement.

En conséquence, j’espère que, dans chacun des départements, l’économie sera considérée comme une priorité. Si cela devait ne pas être le cas, la CCIG ferait le nécessaire pour y parvenir, avec chacun d’entre eux. De plus, elle actionnera le président responsable du développement (économique), de la recherche et de l’innovation pour que la voix de l’économie soit entendue.

Second constat : les départements sont une fois de plus redécoupés. Cette pratique est déjà ancienne (elle a démarré en 2005) mais, cette fois, la méthode est perfectionnée : un huitième département est créé. Sans doute cela fait-il sens intellectuellement. En attendant, l’exercice a un coût, non seulement pour l’administration elle-même, mais pour les administrés qui ont le malheur d’avoir des dossiers en attente.

La CCIG relève au moins un point positif dans ces redécoupages : la substitution de la notion d’infrastructures à celle de mobilité. Genève a un besoin criant d’infrastructures adaptées, en particulier pour optimiser les déplacements. Pour cela, il fait avoir un sens de la planification à long terme des investissements. En confiant ce département à l’ancien Grand Argentier de l’Etat, on se prend à espérer que le train des investissements pourra enfin se mettre en marche.

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