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L’économie : quantité négligeable ?

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Juan-Carlos Torres
Posté le 05.07.2018
Opinions

Comment comprendre la disparition au gouvernement genevois d’un département de l’économie ? A la législature précédente, l’économie était couplée à la sécurité et d’aucuns se demandaient quel était le lien entre eux, si ce n’est l’intérêt témoigné par le magistrat pour ces deux sujets. Même la direction générale, créée début 2017 pour rassembler développement économique, recherche et innovation (DG DERI) est amputée de son adjectif. La disparition de l’économie est justifiée par le fait qu’elle est partout. C’est possible. En attendant, elle est surtout … nulle part.

Si l’on considère que l’économie est d’abord affaire privée, on peut se dire qu’après tout, la disparition d’un département qui lui soit, même partiellement, consacré n’est pas gênante. Pourtant ce sont bien les quelque 30 000 entreprises considérées comme personnes morales qui créent la prospérité de Genève. En d’autres termes, ce sont elles qui fournissent à l’Etat, directement par les impôts qu’elles versent et indirectement par ceux de leurs employés, les moyens de son fonctionnement. Croissance économique et recettes fiscales marchent main dans la main : un PIB à la hausse entraîne les recettes fiscales dans son sillage*.

On a pu voir, lors des élections cantonales qui viennent d’avoir lieu, que la vitalité économique de notre canton n’était au premier rang des préoccupations d’aucun des partis. Le collège gouvernemental pense-t-il que notre dynamisme économique est si solidement installé qu’il ne faille plus s’en préoccuper ? Le croire serait fatal à une Genève en proie à une concurrence internationale toujours plus vive.

De plus, à l’heure où les mutations technologiques nous font entrevoir un futur très proche dans lequel il ne sera plus possible à l’individu de se définir exclusivement par son travail et où le rôle des humains devra être repensé, la ségrégation Etat /secteur privé paraît totalement malvenue.

Etymologiquement, économie signifie « gestion de la maison ». Chaque entreprise est, évidemment, responsable d’elle-même. Mais nous habitons tous dans une « maison commune » qui, pour fonctionner, requiert des moyens. Quant aux entreprises, elles trouveront à la CCIG, qui arbore « Maison de l’économie » sur son fronton, le lieu où elles pourront exprimer leurs besoins.

 

* La 8e brochure fiscale de la CCIG peut être consultée ici.

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