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Nathalie Hardyn
Posté le 03/10/2018
Opinions

C’est sous le slogan mensonger de l’autodétermination que l’initiative du 25 novembre prochain tentera de séduire la population et les cantons. Mais on ne doit pas tomber dans le piège : ce texte est une bombe en puissance. En cas d’application, il risque de faire péricliter des siècles de bonnes relations de la Suisse avec le reste du monde. En instituant la primauté du droit helvétique sur le droit international, c’est une balle dans le pied que se tirerait Dame Helvétie, à l’image du dessin de campagne des opposants. La récente mobilisation des entrepreneurs romands devant les médias le prouve, l’enjeu est déterminant non seulement pour la diplomatie, mais pour toute notre économie.
Si la faitière economiesuisse a lancé sa campagne de façon si active, c’est que plus de 600 traités sont menacés, couvrant des sujets allant du commerce à la propriété intellectuelle. En fait, on estime à 97 000 le nombre d’entreprises bénéficiant chaque jour des avantages de ces traités. Bien que non membre de l’UE, notre pays s’est bâti sur un astucieux réseau de coopération. Ignorer ce cadre juridique revient à ignorer la réalité des activités nationales : 9 entreprises exportatrices sur 10 sont des PME et la Suisse gagne près de 2 francs sur 5 à l’étranger ; à Genève, c’est même un franc sur deux. On n’ose pas imaginer les mesures de rétorsion qui découleraient d’une acceptation, alors même que Berne tente de calmer le jeu avec Bruxelles. Comment un petit patron genevois serait-il crédible auprès de son client étranger, qui serait considéré comme un partenaire inférieur, voire indésirable ? On ne peut pas dire que le peuple suisse doive se plier sans sourciller à la vindicte d’instances internationales. Comment expliquer sinon qu’il ait pu refuser l’EEE en 1992 et accepté d'adhérer à l'ONU en 2002 ? Notre Constitution autorise à se défaire d’un traité le cas échéant sans qu’on ait à tout détricoter.
L’expérience de février 2014 sur l’immigration de masse ne doit pas se répéter. Les dégâts d’image qui en ont suivi ont été désastreux. Quant aux dégâts sur l’économie, n’en parlons pas. Selon un rapport fédéral, ce texte aurait coûté 1,4 milliard à la seule recherche nationale, puisque de 2014 à 2016, l’accès au programme européen Horizon 2020 avait été quasiment verrouillé.
Il n’y a pas que la droite patronale qui se batte contre cette initiative, mais un comité représentant tout l’éventail politique. Contrairement à ce que pensent les isolationnistes, la voie solitaire ne figure pas dans l’ADN de la Suisse. La politique étrangère doit se baser sur des rapports de confiance et non de force. Vous l’aurez compris, la CCIG va se mobiliser jusqu’au dernier jour pour que l’on vote NON le 25 novembre prochain!

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