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La culture, un monde économique en soi

Nicolas Grangier
Posté le 07/11/2018
Nouvelles

Contrairement à ce qu’on imagine, la culture au sens large n’est pas que source de dépenses, elle est aussi créatrice de richesse et d’emplois.

Personne ne pourra le nier : la culture est un domaine essentiel à l’être humain. Mais, souvent, on l’associe à des activités peu rentables ou peu productives au sens économique du terme. Or, une étude de la Haute école de gestion de Genève, réalisée en juin 2017 par José Ramirez et Joëlle Latina, tend à prouver plutôt le contraire. Cette étude a pris en compte trois cercles d’activités culturelles : celles associées aux fonctions de création, d’édition et de production ; celles de diffusion et de commercialisation de la production ; celles liées aux fonctions de préservation, d’éducation et d’administration. En font partie 13 domaines, allant de la musique à l’artisanat en passant par la production de vidéos.

Ce secteur que l’on peut baptiser Economie créative et culturelle (ECC) représentait déjà en 2011 dans le canton de Genève davantage d’emplois qu’en moyenne suisse, mais moins qu’à Zurich. Entre 2011 et 2014, il a affiché un taux de croissance de ses emplois proportionnellement plus élevé que dans le reste de l’économie, respectivement 2,9% et 1,6%.

Un rôle moteur dans l’économie

Que ressort-il de cette récente étude ? Le poids économique de l’ECC est considérable : 27 866 emplois (sur les 366 764 comptabilisés dans le canton), soit 7,6% de l’économie. Cela correspond à 6,8% des emplois en équivalents plein-temps (ETP), soit davantage que dans le commerce de détail ou la construction ! La finance et les assurances la devancent de peu. La culture compte proportionnellement plus de microentreprises ou d’indépendants ainsi que d’emplois à temps partiel (taux d’activité moyen de 75,8% contre 84,5% pour le reste de l’économie). Elle possède aussi un grand nombre de bénévoles, qui permettent une création de valeur, mais non comptabilisées en termes d’emplois.

L’ECC génère une valeur estimée à 4,53 milliard de francs, c’est-à-dire 9,5% du produit intérieur brut (PIB) cantonal. La valeur ajoutée brute par emploi est de 214 235 francs, contre 153 706 au niveau cantonal.

En conclusion, la culture n’a donc pas à rougir face aux autres secteurs quant à ses impacts sur l’ensemble de l’économie genevoise.


Dans le but de faire participer des entreprises privées à cette réflexion, la Ville de Genève organise ce 15 novembre de 14h à 18h trois ateliers de co-création au Musée d’Art et d’Histoire :

  • L’Atelier n°1 traitera de la diversité, indispensable ingrédient de la mosaïque genevoise. En invitée d’honneur, Liza Frulla, présidente de Culture Montréal.
  • L’Atelier n°2 évoquera l’émulation autour du travail en réseau pour ancrer la collaboration entre économie et culture. En invité d’honneur, Michel Leblanc, président de la Chambre de Commerce Montréal Métropolitain.
  • L’Atelier n°3 se penchera sur l’innovation, avec Genève en tant que laboratoire de la culture. En invité d’honneur, le chorégraphe Gilles Jobin.

Lien pour s’inscrire aux ateliers participatifs

Lien pour télécharger l’étude de l’HEG

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