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Un trait d’union privilégié entre deux nations

CCIG
Published on 11/04/2019
CCIGinfo special report

La mondialisation et la digitalisation de l’économie ont donné, paradoxalement, encore plus de raison d’être aux Chambres de commerce binationales. Celles-ci sont présentes en nombre à Genève, qui accueillera à la fin de l’année le Chambers’ Day. Cet événement unique est né à l’initiative de la CCIG.

Saviez-vous qu’il existait 12 000 Chambres de commerce et d’industrie dans le monde ? La première d’entre elles a été créée en 1599 à Marseille. A l’époque, elle servait à protéger les navires marchands français naviguant en Méditerranée par l’intervention de représentants de commerce, car le négoce maritime était encore en proie à la piraterie. Si la plupart de ces institutions sont représentatives d’une ville ou d’une région, à l’instar de la CCIG, certaines sont binationales. Comme leur nom l’indique, celles-ci ont avant tout pour mission d’encourager les échanges et investissements entre deux nations. Elles facilitent et accompagnent les entreprises-membres d’un pays dans leurs démarches avec le second pays concerné. Elles couvrent l’ensemble desdits territoires. Pour le reste, elles agissent en général comme les autres : elles ne font pas le travail à la place du membre, mais contribuent à instaurer des conditions cadre et des expertises favorables à ses affaires.

Le statut de ville internationale de Genève explique la présence de multiples Chambres de commerce binationales. D’où l’idée de la CCIG d’organiser en novembre prochain un événement marquant pour mieux faire connaître cette richesse : le Chambers’ Day (voir encadré ci-dessous). Genève ambitionne d’ailleurs d’accueillir en 2023 le Congrès mondial des Chambres de commerce, pour lequel elle a déposé sa candidature (voir ci-dessous).

Des bureaux au plus proche des membres

En plus de la CCIG, le comité de pilotage du Chambers’ Day est constitué de quatre entités présentes au bout du lac et qui comportent toutes leurs spécificités.

La Chambre de commerce et d’industrie France-Suisse (CCIFS) est la plus ancienne Chambre binationale de Suisse : elle fête en 2019 ses 125 ans d’existence, forte de 650 entreprises. Elle siège à Genève et dispose d’antennes opérationnelles à Bâle et Zurich, comptant sur une équipe de 16 collaborateurs. Elle entretient des partenariats en France afin de répondre aux attentes plus localisées des membres. L’une des particularités est qu’en France une Chambre de commerce bénéficie d’un financement étatique, alors qu’en Suisse, les statuts sont strictement privés. Comme les Chambres de commerce cantonales, la CCIFS est autofinancée sans apport public. Comme l’indique son directeur Romain Duriez, « nous regroupons la plupart des implantations françaises recensées en Suisse. Et, à l’inverse, notre réseau comporte de nombreuses sociétés helvétiques qui entretiennent des relations commerciales avec l’Hexagone ». Ses missions sont doubles : favoriser le lien entre ces entités au travers d’événements et divers supports d’information. Mais également offrir un panel complet de services aux entreprises qui souhaitent se développer sur chacun des deux marchés. Parmi ses services spécifiques, citons l’accompagnement complet à l’implantation, la représentation fiscale ou encore l’appui à la croissance externe. « Nous pouvons par exemple aider une société à développer sa stratégie e-commerce ou à mettre en place un réseau de franchise », poursuit Romain Duriez.

La Chambre de commerce italienne pour la Suisse (CCIS), elle, est apparue en 1909 en Suisse. Elle fournit un large éventail de services (fiscalité, réseautage, événementiel). Forte de 600 membres, cette association privée a son siège central à Zurich (toutes prestations), une succursale à Genève depuis 1997 (réseautage et événementiel surtout) et une autre à Lugano depuis 2015 (services fiscaux). Son but est d'augmenter les exportations italo-suisses et de promouvoir ici le Made in Italy. « Un réseau qui permet de créer des opportunités d’affaires pour les PME italiennes ou les membres, et de tisser des liens politiques locaux », décrit Marianna Valle, responsable du siège genevois et vice-secrétaire générale de la CCIS-Suisse. La plupart des adhérents sont des entreprises italiennes qui cherchent à ouvrir une filiale en Suisse ou à trouver des partenariats. A l’inverse, les membres helvétiques sont en quête de services pratiques et d’une promotion commerciale sur ce marché. « Mais au-delà de son rôle économique, la CCIS à Genève joue un rôle fédérateur pour la communauté transalpine, avec des groupes dédiés aux jeunes (les YEX-Young Executives), aux femmes (les IWG-Italian Women Group Switzerland) ou aux familles (le GGG-Gruppo Genitori Ginevra).

Faciliter les contacts

La British Swiss Chamber of Commerce (BSCC) fêtera, pour sa part, son centenaire en 2020. Riche de 500 membres, cette association est dotée d’un Conseil et dispose de huit bureaux disséminés dans le pays. Le bureau genevois, fondé en 1991, organise plus de 20 événements annuels, dont des dîners ou luncheons, des repas privilégiés avec des orateurs de marque. « Des rendez-vous donnés en anglais, mais ouverts au grand public. Un moyen efficace de réseauter et de séduire un public plus jeune », indique le président du chapitre genevois, Richard Golding. Des missions commerciales sont aussi régulièrement menées. La plupart des membres de la BSCC sont des sociétés helvétiques qui veulent interagir avec la place financière de Londres. « L'actualité autour du Brexit a rythmé le thème de nos derniers débats. Et les effets des changements pratiques préoccupent beaucoup les entreprises », remarque Richard Golding.

Dernier exemple, la Chambre de commerce Suisse-Chine (SCCC) qui a connu une année 2018 bien remplie, dopée par l’essor de l’économie chinoise. Le bureau genevois, installé dans les locaux de la CCIG, gère l’activité pour la Suisse romande. Comme pour la CCIS, le siège principal est à Zurich, en charge du marché alémanique, et il existe un bureau à Lugano pour les contacts tessinois. La SCCC poursuit trois missions : créer des interactions et des opportunités accompagner les membres dans leurs missions professionnelles ; organiser des événements thématiques et de réseautage ; assurer une promotion économique en Chine avec l’appui de la DG DERI*. « Nous nous qualifions de facilitateurs, en redirigeant nos membres vers des contacts de références en fonction de leurs besoins », se réjouit le jeune directeur opérationnel de Genève, Philippe Nasr. Mais la SCCC n’a pas pour but de fournir tous les services pratiques, tels que les carnets d’exportation. « Nous servons de porte d’entrée pour les entités chinoises et helvétiques. Il faut dire qu’à la barrière de la langue et de la culture s’ajoute désormais l’écart (ou gap) technologique entre les deux pays », relève Philippe Nasr. Cela crée parfois des difficultés à établir des échanges. Mais la Chine a besoin des compétences reconnues de la Suisse, telles que la haute précision et le savoir académique. Et à l’inverse, les entreprises helvétiques cherchent toujours plus à accéder à l’immense marché chinois dont l’avancée représente une opportunité stimulante.

Plus généralement, l’apport de ce vivier de Chambres de commerce offre un contrepoids bienvenu aux tendances protectionnistes actuelles et plaide pour le respect des règles de l’OMC à travers la collaboration.

 

* DG DERI : Direction générale du Développement, de la Recherche et de l’Innovation


Un réseau planétaire

L’ICC (ou Chambre de commerce internationale), véritable voix du business mondial, fait la promotion du commerce international et de l’investissement. Cette institution se charge notamment de rationaliser les formalités douanières et d’encourager le comportement responsable des entreprises. Elle délivre aussi des cours de formation et des services pratiques. Basée à Paris, elle fête ses 100 ans en 2019. Elle dispose même d’une voix consultative auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle vient d’ouvrir un bureau à Genève, qui assoit un peu plus son ambition d’être une capitale de gouvernance mondiale.

La Fédération mondiale des Chambres de commerce, fondée en 1951, dépend de l’ICC. Elle valorise le savoir-faire de ses 12 000 Chambres membres et défend l’intérêt global des entreprises. Son Conseil général est constitué de 30 représentants issus de chaque continent, dont le directeur général adjoint de la CCIG Vincent Subilia. Son rendez-vous annuel est le Congrès mondial des Chambres de commerce. La prochaine édition aura lieu à Rio de Janeiro au Brésil du 12 au 14 juin (voir article à la page 5).


Chambers’ Day : un événement unique !

Le 26 novembre prochain, entre 14h et 21h, la CCIG organisera au Grand Hôtel Kempinski le Chambers’ Day, un forum d’échange unique où l’on attend 500 participants. Durant l’après-midi se succéderont une conférence plénière sur un thème d’actualité, ainsi que des séminaires sous formes d’ateliers sur des marchés continentaux et de workshops sur l’interaction entre les Chambres. Une table ronde présidentielle permettra un partage d’expérience des responsables. Une cérémonie devrait constituer officiellement l'Association of International Chambers of Commerce (AICC). Puis, les participants découvriront un Village des Chambres, sur des stands disposés dans les allées de l’hôtel. La manifestation se clôturera le soir par un cocktail networking. « Les objectifs d’un tel événement sont multiples, explique Vincent Subilia, initiateur de cette manifestation. Il s’agit de faire connaître le savoir-faire des Chambres présentes sur le bassin genevois, plus globalement de valoriser le multilatéralisme, tout en favorisant les échanges commerciaux entre membres ».

 

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