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Une économie globalement vaillante, mais des situations contrastées selon les secteurs

CCIG
Published on 16/04/2019
Press release

La 19e Enquête conjoncturelle de la CCIG montre que 2018 a dépassé les espérances des entreprises : 44% d’entre elles ont enregistré une augmentation de leur volume d’affaires. 2019 devrait être dans la même veine.

Une année 2018 plutôt bonne
Sur une échelle de 5, le niveau moyen de satisfaction des entreprises sur l’année 2018 s’établit à 3,1. 36% des répondants jugent l’année écoulée bonne à très bonne, contre 46% pour 2017. 29% des entreprises l’ont jugée difficile à très difficile, soit autant que l’an dernier (28% pour 2017). Il est à noter que les très petites entreprises (jusqu’à 9 employés) semblent plus affectées : elles sont 35% à avoir trouvé 2018 difficile à très difficile, alors que cette proportion tombe à 24% et 22% respectivement pour les entreprises de 10 à 49 personnes et celles de 50 à 99 personnes.

Les ressources humaines, l’industrie et l’assurance ont réalisé une année 2018 plus satisfaisante que la moyenne (54% et 53% respectivement de « bonne » à « très bonne »). Un secteur se distingue : la chimie. En effet, aucun répondant de cette branche n’a déclaré une année stable. Pour 57% d’entre eux, elle était bonne à très bonne mais pour 43%, difficile à très difficile.

Tendance à la croissance
Pour 44% des entreprises, le volume d’affaires 2018 est en croissance par rapport à 2017 (avec une augmentation supérieure à 10% pour 14% des répondants). Il a diminué pour 28% des entreprises.

La rentabilité a également crû, mais dans une moindre proportion : 35% des répondants ont connu une hausse de leur rentabilité (dont 13% de plus de 10%), mais elle a diminué pour 28% des entreprises.

Sur les 20 secteurs que répertorie l’Enquête conjoncturelle de la CCIG, six comportent une proportion d’entreprises ayant connu une augmentation du volume d’affaires nettement plus importante que la moyenne (44%) : il s’agit des ressources humaines (75%), de la santé, de l’assurance et du bâtiment (57%), de l’industrie (56%) et des technologies de l’information et de la communication (51%).

A l’inverse, les secteurs suivants ont davantage souffert que la moyenne des entreprises (28%) : les médias et arts graphiques ainsi que l’horlogerie, pour lesquels le volume d’affaires a diminué dans 61% des cas, suivis du négoce (43%) et du tourisme (41%).

Net optimisme pour 2019
48% des répondants s’attendent à une augmentation de leur volume d’affaires et 43% à une augmentation de leur rentabilité pour 2019. Ils sont même 10% à s’attendre à une hausse supérieure à 10%, tant pour le volume d’affaires que la rentabilité.

Les secteurs les plus optimistes sont les technologies de l’information et de la communication (76% prévoient une augmentation du volume d’affaires), la santé (60%), les médias et arts graphiques ainsi que la chimie (57%). Cette dernière, comme, l’an dernier, avait été la plus pessimiste et, de fait, avait montré tant en 2017 qu’en 2018 des résultats contrastés.

Les branches les plus pessimistes sont le négoce international, le tourisme, mais paradoxalement aussi la santé, secteur dans lequel 34% des entreprises prévoient une diminution du volume d’affaires, alors que la moyenne des répondants s’établit à 15%.

Davantage d’embauches dans les grandes entreprises
Au plan des effectifs, la situation est calquée sur celle de 2017. 28% des répondants ont embauché (29% en 2017) et 13% ont diminué leurs effectifs (14% l’an dernier). Le secteur de la santé s’est distingué, avec 47% des entreprises de ce domaine qui disent avoir recruté en 2018. La santé est suivie par les ressources humaines (42%) et le bâtiment (40%). Il est à noter que, pour les entreprises qui ont engagé des collaborateurs, l’augmentation d’effectif a été en moyenne de 17%. A l’autre extrémité de l’échelle, la diminution d’effectif a été en moyenne de 18% mais a atteint 25% dans les médias et arts graphiques ainsi que dans l’horlogerie, suivis du commerce de détail (23%). Le secteur tourisme-hôtellerie-restauration a embauché plus que la moyenne (42% des répondants de la branche ont engagé) mais il a aussi débauché davantage (25%), ce qui démontre la volatilité de l’emploi dans ce secteur.

L’augmentation des effectifs est corrélée à la taille des entreprises : plus l’entreprise est grande, plus elle tend à recruter des collaborateurs. Ainsi, 21% des répondants comptant de 1 à 9 personnes ont augmenté leurs effectifs, mais ils sont 46% à l’avoir fait dans le groupe des entreprises dépassant les 500 personnes.

Les prévisions pour 2019 sont un peu plus optimistes (26% d’embauches et 11% de diminution d’effectifs).

L’obligation d’annonce plus inefficiente que pénalisante
Comme à l’accoutumée, la CCIG a profité de l’Enquête pour poser une question en lien avec les conditions cadre. Cette année, il a été demandé aux entreprises d’évaluer l’impact de l’obligation d’annonce des postes vacants aux ORP, en vigueur depuis le 1er juillet 2018. Depuis cette date en effet, les employeurs ont l’obligation d’annoncer les postes vacants dans les professions dont le taux de chômage atteint ou dépasse les 8%. Celle-ci est en outre assortie d’une interdiction de publication de 5 jours ouvrables.

Pour un répondant sur trois (34%) cette obligation occasionne une charge de travail supplémentaire, importante dans 10% des cas. 10% des répondants annonçaient déjà leurs places vacantes aux ORP. Mais près de la moitié des entreprises (47%) ont déclaré ne pas avoir procédé à des recrutements depuis l’entrée en vigueur de la mesure.

Pour 56% des répondants toutefois, cette mesure n’est pas pénalisante. Les entreprises dont l’activité fluctue fortement et qui doivent pouvoir engager rapidement considèrent qu’elles sont pénalisées : elles sont 10% dans ce cas et 6% des répondants observent que l’ORP ne leur a pas proposé de dossiers pertinents. On trouve ces dernières essentiellement dans les secteurs du tourisme, des technologies de l’information et dans l’industrie.

L'Enquête conjoncturelle en graphiques

Note méthodologique

L’Enquête a été conduite du 6 février au 11 mars 2019. Le questionnaire a été adressé à 2300 entreprises. 514 entreprises ont répondu en totalité, soit un taux de réponse de 22%. Les secteurs sont représentés de manière relativement homogène avec une dominante des secteurs « conseils » (19% des réponses) et « bâtiment » (11%). À noter également que 43% des réponses proviennent de petites entreprises de moins de 10 employés et 76% de sociétés de moins de 50 salariés. 59% des entreprises répondantes réalisent plus de 90% de leur chiffre d’affaires en Suisse ou avec des clients domiciliés en Suisse, tandis qu’à l’autre extrémité du spectre, 15% y réalisent moins de 10%.

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