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Déconstruire pour bâtir l’avenir !

Nicolas Grangier
Published on 10/07/2019
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La déconstruction, le réemploi et le recyclage dans le bâtiment sont des enjeux d’avenir. C’était aussi le thème de l’atelier 6 de la plateforme Genie.ch, fin mai dernier à la CCIG.

Quels sont les enjeux liés à la déconstruction ? Cet atelier a commencé par en rappeler la définition : alors que la démolition est l’action de supprimer, la déconstruction (ou démantèlement) consiste à retirer les éléments un à un pour pouvoir les utiliser ailleurs.
Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers a donné certains chiffres clés : à Genève en 2017, 90% des déchets provenaient des chantiers, 70% étaient recyclés et 30% incinérés ou mis en déchetterie. Selon lui, « il ne faut plus parler désormais de déchet, mais de matière première ». A ses yeux, l’Etat se doit d’être exemplaire : il utilise d’ailleurs du 100% renouvelable pour son chantier de la route des Nations. Pour Matthieu Raeis, chef du secteur déchet au géologie, sols et déchets (GESDEC) de l’Etat, le constat est clair : les déchets de chantier, en particulier les graviers, sont trop peu recyclés, ou mêlés à d’autres matériaux. « Le granulat naturel est à promouvoir désormais », a conclu Mathieu Raeis.

Nadia Karmass, directrice du bureau Alter ego Concept SA, a souligné l’importance d’anticiper, de faire appel à des spécialistes et d’offrir des solutions pragmatiques. Elle a évoqué l’exemple du chantier Gordon Bennet du Lignon, réalisé sur une ancienne friche industrielle. Sa valorisation a permis d’économiser 1200 voyages en camion. Le problème récurrent est qu’il n’y a pas systématiquement de place de concassage, ce qui implique des transferts sur d’autres sites. Deuxième exemple : l’ex-site de Sécheron où l’on a procédé à une déconstruction des structures, à un curage minutieux et à une valorisation des matériaux sur place.
Pour parler du réemploi, Maude Friat et Audrey Lecomte, architectes à l’association Matériuum, ont cité un certain nombre de freins auxquels fait face la filière: les processus actuels de réemploi coûtent cher, prennent du temps et sont encore soumis à des normes contraignantes. Mais des leviers d’actions existent, parmi lesquels un encouragement à valoriser les déchets ou l'économie faite en réutilisant. Au rang des acteurs de la construction faisant usage de réemploi, on trouve à Genève 63% de maîtres d’ouvrage, 14% de récupérateurs et 5% d’intermédiaires.
Adrien Pradines, chef de service rénovation de Losinger Marazzi, a relevé les bonnes pratiques du réemploi, telles que la promotion de l’économie circulaire ou d’une bourse aux déchets. D’après lui, les tarifs douaniers imposés à des matériaux « réemployés » coûtent parfois trop chers pour des associations à faible moyen, ce qui les force à employer des matériaux classiques, forcément moins écologiques. Il a cité en modèle les pratiques de la plateforme hollandaise Madaster (www.madaster.com), basée sur la géolocalisation. Derniers intervenants du jour, l’architecte indépendant Raphaël Bach et Lise van Long, du Centre international olympique (CIO), qui ont évoqué la rénovation du siège du CIO à Lausanne-Vidy. Un modèle de déconstruction exemplaire, avec 97% de matériaux recyclés. Ils ont respecté les piliers du développement durable durant le chantier.

Le Service de Géologie, Sols et Déchets (GESDEC) organise les ateliers de la plateforme Genie.ch en partenariat avec la Fondation pour les Terrains Industriels de Genève (FTI), la Direction Générale de l’Environnement (DGE) et la CCIG.
Plus d’infos sur le site internet de la plateforme genie.ch

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