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La crise ne justifie pas un train de vie démesuré, au contraire

Vincent Subilia
Published on 15/12/2021
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Rien n’est, à Genève, si passionné que le débat sur le budget de l’Etat. Et pourtant, c’est un domaine qui demande sang-froid et rigueur, à mille lieues des discours idéologiques dont tous les partis politiques sont friands. Piogre, comme on l’appelle amicalement, n’aura donc pas de budget en 2022. D’aucuns en rejettent la responsabilité sur un Conseil d’Etat, désormais à majorité de gauche, qui empile les dépenses, notamment en demandant la création de plus de 300 postes. Mais aussi en présentant un budget déficitaire de quelque 846 millions de francs, auquel on peut éventuellement retrancher 600 millions de recettes fiscales extraordinaires prévues. Pour une majorité du Grand Conseil, cela aura été la goutte de trop.

Pour la CCIG, ce n’est pas le déficit en tant que tel qui pose problème - et surtout pas en période de pandémie - : c’est le refus d’appréhender le budget de l’Etat en termes d’efficience. Appliqué au canton, ce mot est considéré par certains comme une obscénité. Et pourtant, les entreprises ne passent pas un jour sans examiner si leurs dépenses ou leurs prévisions de dépenses sont en cohérence avec leur mission et avec leurs moyens.

S’agissant de la création de nouveaux postes, il faut se rappeler qu’il ne s’agit pas de dépenses ponctuelles, mais de dépenses de long terme, structurelles, qui affectent également la caisse de pension du personnel de l’Etat, elle qui vient d’être recapitalisée pour quelque 4 milliards.

Les années fastes auraient dû être mises à profit pour procéder à un examen en profondeur des structures de l’Etat. Cela n’a pas été fait. La crise du Covid n’est pas une raison de s’en dispenser. Les entreprises, elles, ont bien été obligées de se remettre en question.

La CCIG le dit depuis longtemps : Genève connaît une crise des dépenses, pas des recettes. C’est pourquoi elle encourage la récolte de signatures pour l’initiative « Pour une gestion durable de la fonction publique ». Son objectif est que le canton applique une mesure de bon sens que les ménages genevois connaissent eux-mêmes très bien: ne pas dépenser plus que l’on ne gagne. Avec cette initiative, en cas de budget déficitaire, aucun nouveau poste ne pourra être créé, sauf en cas de réallocation interne, ce qui, avec 700 départs par année en moyenne, ne devrait pas être insurmontable.

5 comments

Roguet
Published on 15/12/2021
Félicitations et remerciements pour cette prise de position pleine de bon sens. Il faudra encore rappeler ce qui se passe ailleurs : nombre de fonctionnaires par habitants, etc
Michael Hedqvist
Published on 15/12/2021
Tout à fait en adéquation avec l'opinion de la CCIG.
Vito
Published on 15/12/2021
C'est très bien dis. Simple et clair....
Ohayon
Published on 15/12/2021
Je vous remercie pour cette opinion qui est largement partagée par nombre de concitoyens depuis de nombreuses années. Rien apparemment ne fait prendre conscience à "Piogre" que sa gestion des deniers publiques, de son personnel, de sa structure sont catastrophiques et hors de toute adéquation avec la réalité. Leur propension à augmenter les dépenses sans cesse et sans réel contrôle commence à agacer nombre de nos concitoyens. Cela ne date pas d'aujourd'hui. Les différents gouvernements qui se sont succédés n'ont pas réussi à ralentir la folie dépensière de l'état. Ce n'est malheureusement pas avec ce gouvernement que cela changera. Il faudra un bel électrochoc pour les réveiller! Et je ne le vois pas arriver du côté droit un peu atone en ce moment. Bon courage.
Van Khai NGUYEN
Published on 15/12/2021
Ayant été fonctionnaire (cadre supérieur à l'état) je peux affirmer que les barèmes salariaux des offices et services publiques sont largement au dessus de la moyenne pratiquée dans l'économie privée (20 à 30% supérieur, voir enquête sur les salaires de Swiss Engineering). Cette situation explique la forte attractivité des postes de fonctionnaires à Genève: la plupart des ingénieurs et cadres suisses dans les entreprises rêvent de trouver un poste à l'état (meilleure rémunération, moins de stress), libérant ainsi des postes de l'économie réelle pour les émigrés ! Pourquoi pas ? mais une telle situation qui perdure divise la société et la prive de force vive durable avec des racines locales, et favorise l'émergence des courants d'extrême droite (ou gauche) L'inefficience de l'état est flagrante : beaucoup de déclarations et plans cantonaux très ambitieux (smart geneva, économie circulaire, transition énergétique, mobilité...) mais pas de vision réaliste et compréhension holistique !

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