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Rapport Zuin : la CCIG appelle à une action plus déterminée pour maîtriser les charges de l’État

CCIG
Posté le 22/06/2026
Communiqués de presse

(Genève, le 19 juin 2026) Rapport Zuin : la CCIG regrette l’abandon prématuré de mesures structurelles et appelle à une action plus déterminée pour maîtriser les charges de l’État.

 

La Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) prend acte des premiers arbitrages annoncés par le Conseil d’État dans le cadre du plan d’économies engagé à la suite du rapport du groupe de pilotage présidé par Stanislas Zuin.

La CCIG salue la reconnaissance par le gouvernement de la nécessité d’agir face à la progression continue des charges publiques. Elle regrette toutefois que plusieurs mesures structurelles aient déjà été écartées alors même que la situation financière du canton exige des réponses ambitieuses, durables et crédibles.

Le rapport remis au Conseil d’État identifie 58 mesures permettant de générer jusqu’à 533 millions de francs d’économies annuelles à l’horizon 2029. Une part importante de ces propositions repose sur une amélioration de l’efficience de l’action publique et sur un rapprochement avec les pratiques observées dans les autres cantons suisses.

Parmi les premières décisions annoncées, 17 mesures ont été écartées, notamment :

  • la diminution du délai de protection salariale en cas de maladie (M3) ;
  • la révision de la stratégie d’externalisation des établissements publics autonomes (M5) ;
  • l’enveloppe négative sur les dépenses générales (M8) ;
  • le passage à un Conseil d’État composé de cinq membres (M12) ;
  • l’indexation de la taxe personnelle au coût de la vie (M46) ;
  • la fin de la prise en charge des abonnements TPG pour les jeunes et les retraités (M57) ;
  • l’augmentation du temps de travail hebdomadaire (MT1) ;
  • plusieurs mesures concernant les HUG et l’organisation de certaines prestations publiques.

Pour la CCIG, ces premiers arbitrages suscitent des interrogations quant à la capacité réelle du canton à atteindre l’objectif d’assainissement annoncé.

Un signal préoccupant au regard de la situation financière du canton

La CCIG rappelle que le débat actuel ne porte pas sur une faiblesse des recettes publiques mais sur une croissance des dépenses plus rapide que celle des revenus.

Selon les éléments communiqués par le Conseil d’État, entre 2019 et 2025, les dépenses cantonales ont augmenté de 2,3 milliards de francs, soit une progression moyenne de 4 % par année, alors que les recettes fiscales ont progressé de 1,7 milliard de francs, correspondant à une croissance moyenne de 3,5 %.

Cette évolution intervient alors que Genève dispose déjà d’un niveau de recettes fiscales particulièrement élevé par habitant en comparaison intercantonale.

Selon une étude de l’Institut CREA (HEC Lausanne) mandatée par la Fondation pour l’attractivité de Genève (FLAG), Genève présente par ailleurs le niveau d’endettement le plus élevé parmi les cantons suisses lorsque celui-ci est rapporté au produit intérieur brut cantonal.

Pour la CCIG, cette situation confirme un constat formulé de longue date dans son étude annuelle sur la charge administrative : le poids de l’intervention publique à Genève demeure significativement plus élevé que dans de nombreux autres cantons.

Cette réalité a des effets concrets sur l’économie genevoise :

  • augmentation des charges administratives pour les entreprises ;
  • multiplication des procédures et des coûts de conformité ;
  • pression accrue sur les ressources publiques ;
  • impact potentiel sur la compétitivité économique et l’attractivité du canton.

Une occasion manquée sur certaines mesures d’efficience

La CCIG regrette en particulier l’abandon de la mesure visant à réduire le délai de protection salariale en cas de maladie.

Le rapport Zuin proposait de ramener ce mécanisme de protection de deux ans actuellement à une année, selon un modèle déjà appliqué dans d’autres cantons suisses, notamment Vaud. Cette mesure représentait une économie potentielle estimée à près de 30 millions de francs.

La CCIG souligne que les dispositifs applicables dans le secteur privé sont en principe de l’ordre de quelques mois et protège efficacement les travailleurs.

Sans remettre en cause la nécessité de protéger les collaborateurs de l’État, la CCIG estime légitime d’examiner si certains dispositifs peuvent être rapprochés des standards observés ailleurs en Suisse afin d’assurer un équilibre durable entre attractivité de la fonction publique et équité entre secteurs public et privé.

L’externalisation doit faire partie des leviers à considérer

La CCIG considère qu’au-delà des propositions contenues dans le rapport, le canton devrait examiner plus largement les possibilités d’externalisation ciblée de certaines prestations lorsque cela est compatible avec la qualité du service public et l’intérêt général.

Une telle démarche peut permettre :

  • une meilleure allocation des ressources publiques ;
  • une concentration de l’État sur ses missions essentielles ;
  • une amélioration de l’efficience opérationnelle ;
  • création de valeur et de recettes fiscales supplémentaires.

L’externalisation ne constitue pas une finalité en soi mais un outil qui mérite d’être analysé de manière pragmatique.

L’avertissement de Standard & Poor’s confirme l’urgence d’agir

La CCIG relève également avec attention la récente décision de Standard & Poor’s de maintenir la note AA+ du canton tout en abaissant sa perspective de « stable » à « négative ».

Cet ajustement constitue un signal important.

Selon l’analyse communiquée, les préoccupations portent principalement sur la dynamique des charges, la réduction attendue de la capacité d’autofinancement du canton et les incertitudes pesant sur l’évolution future des dépenses. Une dégradation de la notation pourrait entraîner un renchérissement des conditions de financement du canton et réduire ses marges d’investissement.

Préserver une notation élevée n’est pas un objectif abstrait : cela permet au canton de financer dans de meilleures conditions ses investissements au bénéfice de la population, notamment dans les infrastructures scolaires, la mobilité, la santé et les équipements publics.

Faire des choix pour préserver durablement l’action publique

La CCIG partage le constat que des économies de l’ordre de 500 millions de francs demeurent nécessaires pour retrouver un équilibre durable des finances cantonales.

Le canton ne pourra atteindre cet objectif sans réformes structurelles.

Reporter les décisions difficiles ou limiter les mesures aux seules adaptations marginales reviendrait à transférer les coûts sur les générations futures, sur les contribuables et sur les entreprises.

La CCIG appelle ainsi le Conseil d’État et le Grand Conseil à engager sans délai une démarche ambitieuse de maîtrise des charges, d’optimisation des prestations publiques et de modernisation de l’action de l’État.

Préserver un service public fort suppose aujourd’hui d’accepter des choix importants, de réduire les charges lorsque cela est possible et de rendre l’action publique plus efficiente au bénéfice de l’ensemble de la population genevoise.

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