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Le tourisme d’achat moindre que redouté

Nicolas Grangier
Posté le 16/04/2019
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C’est une enquête pionnière qui a été lancée dans le Grand Genève, territoire d’un million d’habitants pour 500 000 emplois. Le comportement des ménages de part et d’autre de la frontière est désormais mieux connu.

416 millions de francs sont dépensés annuellement par les Genevois (ou Vaudois proches) sur sol français, en particulier sur neuf communes frontalières. A l’inverse, les Français amènent 148 millions au centre-ville ou dans sa périphérie. Un différentiel important dû sans surprise à la différence de prix des denrées et services, mais aussi à la proximité géographique et à la disponibilité de l’offre. 

Autre enseignement de cette enquête de consommation menée courant 2018: le commerce sur Internet n’est pour l’instant pas aussi étendu qu’on ne l’imagine (surtout côté suisse, 6% seulement de la consommation non-alimentaire) : en tout, 270 millions de francs sont réalisés hors du territoire sondé.
Malgré un tourisme d’achat moindre que perçu, « le commerce de détail genevois souffre », relève Pierre Maudet, conseiller d’Etat en charge de l’économie. Son actuel Plan du commerce est justement destiné à optimiser les processus face aux achats outre-frontière. Il faut avouer que les Français n’ont que peu d’intérêt à faire leurs achats en Suisse, sauf pour des produits spécifiques. Pour Pierre-Jean Crastes, vice-président du Pôle métropolitain du Genevois français, « la coordination des politiques au sein du Grand Genève est compliquée, d’autant plus que les relations entre résidents et consommateurs sont entremêlées. Et on ne peut pas viser une balance commerciale équilibrée ».
Cette enquête permettra d’affiner les stratégies des autorités et des entités économiques. On pense aux enjeux d’aménagement et surtout de mobilité. « L’arrivée du Léman Express en fin d’année doit diminuer le trafic motorisé privé, mais sans renforcer le tourisme d’achat », relève le président du Conseil d’Etat Antonio Hodgers. 88% des Helvètes qui font leur shopping dans les centres commerciaux français utilisent encore la voiture, contre 85% dans l’autre sens.
Si nombre de Genevois ont pris l’habitude de faire leurs courses une fois par semaine dans l’Hexagone, ils consomment encore au quotidien dans les magasins helvétiques. Pour 70% des sondés, le taux de change stable n’a aucune influence sur le mode de consommation. Cette étude sera réitérée en 2022 pour mesurer les futures évolutions des modes de consommation.

 

--> Le 20  mai prochain, la CCIG en collaboration avec Genilem, proposent un séminaire réservé aux détaillants: " Comment mettre Internet au service de mon commerce".

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