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Entreprises familiales : une vision à long terme dans un monde pressé

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CCIG
Posté le 09.11.2017
Communiqués de presse

Pour cette 10e Etude économique publiée par la CCIG et la BCGE, en collaboration avec l’OCSTAT, l’apport des entreprises familiales à notre tissu économique est passé à la loupe. La résilience dont elles font preuve les ont remises sur le devant de la scène. Souvent discrètes, les entreprises familiales jouent un rôle très important dans l’économie locale, en raison notamment de leur fort ancrage régional et de leur nombre. Mais leur gouvernance, à la frontière de l’émotionnel et du rationnel, demande beaucoup de doigté. C’est à un tour d’horizon approfondi, rédigé par Aline Yazgi, que se livre cette étude, présentée aujourd’hui lors du Séminaire économique.

Trois sociétés suisses sur quatre

L’entreprise familiale prend de nombreuses formes, en fonction de la détention du capital et des droits de vote (majoritairement en mains familiales ou pas, cotée ou non en bourse), de la structure de gouvernance (direction opérationnelle aux mains de la famille ou d’un externe) et de celle de la propriété (d’un seul détenteur à la dynastie familiale). Il est donc difficile d’en tenir un décompte précis. On estime toutefois qu’environ trois sociétés suisses sur quatre sont en mains familiales, soit environ 375 000 PME, totalisant 1,6 million d’employés et générant 60% du PIB suisse.

A Genève, la proportion d’entreprises familiales est légèrement moindre qu’au niveau suisse, vraisemblablement en raison d’une proportion un peu plus faible de PME dans le tissu économique (99% contre 99,7% au plan suisse).

Meilleure performance sur 2003-2010

Le regain d’intérêt dont elles font l’objet – et qui est notamment illustré par le nombre d’articles et de manifestations spécialisés – date de la crise des subprimes de 2008, qui a rappelé l’intérêt de la prudence et de la stabilité dans la gestion des affaires.

Des études ont démontré que les sociétés familiales sont certes parfois moins performantes que les autres quand la conjoncture est bonne, mais qu’elles résistent beaucoup mieux lorsque la situation est mauvaise. L’une de ces études a été menée par des professeurs de finance de l’université de Fribourg et montre que les entreprises avec un actionnaire majoritaire familial présentent la meilleure performance sur la période 2003-2010.

L’incarnation des valeurs suisses

Consensus, volonté d’indépendance et importance donnée au travail sont quelques-unes des caractéristiques qui reviennent souvent à propos des entreprises familiales, des traits volontiers attribués à la Suisse en général. Parmi leurs autres atouts, on relèvera la confiance suscitée par le fait que l’horizon temps se calcule en décennies plutôt qu’en trimestres. Avec pas ou peu d’actionnaires externes et peu d’endettement, les sociétés familiales sont financièrement indépendantes. Elles ne subissent pas non plus de pression pour verser des dividendes à des actionnaires externes, ce qui leur permet parfois de conserver des lignes de production en Suisse, alors qu’une stricte logique financière plaiderait pour une délocalisation.

Mais la médaille a aussi son revers et les entreprises familiales peuvent souffrir de faiblesses en termes de structures, d’un cumul excessif de fonctions, ainsi que d’un manque de regard extérieur et d’outils de gouvernance. En outre, la question de la succession représente une étape particulièrement délicate.

L’importance de la gouvernance familiale

Dans les entreprises familiales, le chapitre humain est un élément fondamental, qui imprègne plus qu’ailleurs la culture et la vie de l’entreprise. Mais la famille est à la fois la principale force et le principal risque de l’affaire. Aussi faut-il se doter d’une gouvernance structurée qui clarifie les rapports entre membres de la famille, aide à prévenir les désaccords et résoudre les conflits. Cela garantit la transparence et l’équité de traitement.

Pour ce faire, il existe des outils tels que la convention d’actionnaires, l’assemblée familiale, le conseil de famille ou la charte familiale. Cette dernière définit notamment l’organisation de la société, la succession, la répartition des bénéfices. Toutefois seules 15% des entreprises suisses en seraient dotées.

Une transmission délicate

Du fait du facteur humain, la transmission d’une entreprise familiale est particulièrement délicate. Près de 75 000 PME suisses devraient changer de mains ces cinq prochaines années affectant plus de 400 000 emplois. Sur le plan mondial, seules 12% des entreprises transmises dépasseraient le seuil de vie de trois générations : un enjeu de taille.

Des atouts à faire valoir face au 4.0

L’innovation dans les affaires familiales se traduit plutôt par des petits pas réguliers que par un grand saut. L’avènement de l’industrie 4.0 constitue toutefois un bouleversement pour toutes les entreprises. Dans ce contexte, les affaires familiales peuvent notamment être pénalisées par l’âge de leur dirigeant : plus celui-ci est âgé, plus il risque d’avoir de difficulté à percevoir l’urgence de la digitalisation. En revanche, pour faire face au défi numérique, l’entreprise familiale pourra compter sur des circuits de décision beaucoup plus courts que dans les autres structures.


80 questions à se poser

En conclusion, l’étude (pro)pose 80 questions qui peuvent être utilisées pour aiguiller la réflexion de l’entrepreneur familial. Evidemment non exhaustives, ces questions aident à mettre en lumière quelques problématiques auxquelles les entrepreneurs ne pensent pas forcément.


 

L’étude est disponible en ligne à l’adresse www.ccig.ch/publication et sera présentée et discutée dans le cadre du Séminaire économique le jeudi 9 novembre à 15h à l’Arena cinéma La Praille. Programme détaillé : www.ccig.ch/ee2017. Ce séminaire est organisé conjointement par la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) et la Banque Cantonale de Genève (BCGE), avec la contribution de l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT).

 

Pour tout renseignement complémentaire, merci de contacter :

CCIG

Alexandra Rys

Membre de la Direction

Responsable communication

Tél. 022 819 91 46

a.rys@ccig.ch

OCSTAT

Roland Rietschin

Directeur

Tél. 022 388 75 01

roland.rietschin@etat.ge.ch

BCGE

Hélène De Vos Vuadens

Directrice adjointe, responsable Communication et relations investisseurs

Tél. 022 809 24 11

helene.de.vos.vuadens@bcge.ch

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